Bertrand Barre dit « Bébert »

Bertrand Barre, surnommé « Bébert ». Si vous êtes venu, ne serait-ce qu’une fois au Palacium, vous avez forcément remarqué ce trompettiste, dressé au milieu du groupe de musiciens hauts en couleurs dont le large répertoire entraine la salle dans les encouragements aux Villeneuvoises.

Ce « little big man », qui a commencé à l’âge de 10 ans dans la fanfare de Phalempin se trouve être le Président des « Z’hurlants », élus quatre fois meilleurs supporters de France. Côté musique,  le « band à Bébert »  est demandé sur tous les terrains de la région et, en juin prochain, pour l’Eurobasket. Essayons d’en savoir plus sur ce « musicien-supporter- président ».

Interview Bertrand Barre Z'hurlants

Bébert avec son amie la trompette


Bertrand, la musique, tu es tombé dedans quand tu étais tout petit,  mais c’est moins évident pour le basket. Raconte nous comment tu t’es retrouvé à faire les beaux soirs du Palacium et de l’ESBVA-LM.

Un hasard, une impulsion, et une amitié : J’étais supporter du Football Club de Lens [clin d’œil aux nombreux z’hurlants qui sont supporters de Lille], et j’avais pris l’habitude de jouer de la trompette dans les tribunes de Bollaert. Un soir de 1994, je rentrais du travail dans ma voiture, et j’écoutais sur Fréquence Nord, Jean-Pierre Mortagne qui interviewait un certain Marc Silvert, alors coach des basketteuses de Valenciennes, et j’ai eu la surprise de l’entendre dire dans le poste. « Je vais souvent à Bollaert. Il y a là un trompettiste qui sait « chauffer » les spectateurs, j’adorerais qu’il nous rejoigne à la salle ». Et Jean-Pierre Mortagne d’enchainer : « Monsieur, si par hasard vous nous écoutez, sachez que vous êtes invité dans la salle de l’USVO ce soir contre Challes ». Ni une ni deux : je suis arrivé chez moi, j’ai pris ma trompette et dit à Jany [son épouse] : « On va à Valenciennes ». Ça a été le début. En 2002, quand Marc Silvert est arrivé à Villeneuve, il m’a appelé et m’a dit « Bébert, on doit faire cette aventure ensemble ». Banco, et j’ai été super bien accueilli par les Z’hurlants, dont Jean-Marie Lemaire était alors le président. Si bien que, plus tard, quand Marc Silvert a quitté le club je n’ai pas hésité : ma « famille » était à Villeneuve, il n’était pas question que je m’en aille, même si, chaque fois que j’ai pu, je suis allé soutenir l’équipe de Marc (Beauvais à l’époque, Denain encore récemment).

Et puis donc, il y a trois ans tu as succédé à Jean-Marie comme président des « Z’hurlants ». Présente nous donc l’association.

Les Z’hurlants, c’est le club de supporters de l’ESBVA-LM. Cette année, ce sont 55 membres, dont une quinzaine sont actifs et constituent le bureau. En vrac : Claudine, Jean-Pierre, Francis, Laurence, Jany, Nicolas, Nadine, Olivier [qui fut longtemps dans le costume de la mascotte], Philippe [frère de Bébert] Christian, Michel, Dédé, Anita, Claude,Adrien,Théo… de tête, j’espère que je n’oublie personne…. Tous sont devenus des amis. On ne se limite pas à jouer les soirs de matchs, on tient aussi la boutique et on organise parfois un barbecue, on participe aux opérations « marraines de cœur », on a fait des opérations avec les adultes handicapés à Hellemmes. J’en profite pour dire qu’on accueillera toujours avec grand plaisir tout nouveau (ou nouvelle)… même si ce n’est pas pour faire de la musique. Allez donc sur l’onglet « supporters » du site et vous trouverez ce qu’il faut pour nous joindre, vous serez bienvenu(e) dans notre groupe de copains. Ceci dit, pour revenir un instant sur les musiciens, je dirais qu’on a un côté « introduction à la musique » : si quelques un(e)s en avaient déjà fait, la plupart ont commencé à jouer avec les Z’hurlants…et se débrouillent sacrément bien maintenant.

Ce qui nous lie c’est une passion pour l’ESBVA-LM et pour le Basket. Quand le calendrier villeneuvois ne nous retient pas, on va soutenir d’autres clubs qui nous demandent. Je pense à Armentières, Calais, Denain, Trith, Onnaing, Ronchin,Wasquehal (j’en oublie), mais aussi on est allé soutenir des clubs de Handball (Billy, Lomme). Partout où on va, on nous dit à la fin « vous revenez quand vous voulez »… Ce qui nous motive le plus, c’est d’aller soutenir les équipes qui ont des défis à relever. Les « matchs à adrénaline », et de gagner avec elles. Dernièrement, on était à Escaudain à la demande d’une ancienne de Villeneuve qui joue là-bas, pour leur match décisif pour la montée. Elles ont gagné, on a un peu l’impression d’avoir gagné avec elles.

Dix ans d’une vie de supporter engagé, ça commence à faire un bel album de souvenirs. Si tu devais n’en retenir qu’un,  le meilleur ?

Quasiment tous les déplacements de Coupe d’Europe ont été de grands moments : Rhonda, Parme, Naples, mais je crois que ceux qui y étaient n’oublieront jamais ce déplacement incroyable à Venise : l’avion ne pouvait pas décoller de Charleroi à cause du Brouillard. Les joueuses sont parties à Orly, mais nous on ne pouvait pas se payer ces billets-là, alors on a loué une camionnette et on est parti à neuf fous par la route. On a roulé toute la nuit, et on est arrivé à Venise… à peine 3 heures avant le match… Grandiose.

Hors ESBVA-LM, mon plus grand souvenir, ç’est quand on a été appelés pour le match de Fed cup de tennis à Liévin. C’était compliqué, on ne pouvait jouer qu’entre les points, des trucs très courts. Après, Guy Forget nous a invités au VIP avec les joueuses de l’équipe de France, c’était sympa.

Mais on espère que les plus belles pages sont à venir… 

Revenons donc à l’ESBVA-LM, « votre maison », qui sort d’une saison qui a été sportivement compliquée, même si elle finit plutôt pas mal. Comment le président du club de supporters a-t-il vécu ça ?

L’année a été difficile, surtout les matchs allers, mais on a toujours cru en cette équipe, car on savait que les problèmes venaient principalement des blessures. Elles l’ont prouvé ensuite. C’est déjà arrivé, dans le passé, que l’équipe ait des moments difficiles, mais la philosophie des Z’hurlants a toujours été de ne jamais les lâcher (on pourrait d’ailleurs en dire autant du public Villeneuvois qui est resté remarquablement fidèle, même dans les semaines de galère). Par contre, nous jouons parfois le rôle d’aiguillon : au lendemain de la défaite à Arras, le fantôme de la ligue 2 rodait. Au nom des Z’hurlants, j’ai adressé un courrier aux filles intitulé : « Tout donner pour gagner : ceci doit être votre devise ». On y disait notamment : « Notre fierté, c’est de porter vos couleurs. Donnez le maximum pour ne rien avoir à regretter ». Je ne sais pas si cette lettre  a joué un rôle, mais ce fut ensuite la victoire à Charleville, la naissance des « guerrières » et  les matchs retours que l’on sait…

Quelques déceptions, frustrations ?

Une frustration principale : depuis deux ans, la coupe d’Europe nous manque, et on espère la retrouver l’an prochain pour véhiculer l’image de Villeneuve et du basket français partout en Europe. Un regret : qu’il n’y ait pas plus de lien, lors des matchs, avec les jeunes du club. On va parfois jouer dans des salles où tous les jeunes sont dans les gradins. Ils sont enthousiastes, ça fait une ambiance formidable. Et puis un message plus directement à destination des joueuses pros : on aimerait voir les filles venir plus souvent partager les émotions avec nous après les rencontres. Certaines le font, mais, par exemple, à l’issue du dernier match de la saison, contre Tarbes, aucune n’est venue. On sait qu’elles ont des contraintes, mais bon, quand on va dans les autres clubs dont je parlais plus haut, on a souvent l’impression qu’il y a plus de contact. Par contre, on voit quasiment toujours Fred descendre boire une chope avec nous. On est très contents d’avoir un coach qui vient du club et qui en a l’esprit. C »est très important à nos yeux.

Et puis, cerise sur le gâteau: la fédé vous a demandé de venir en juin, dans les salles de Lille et Orchies pour soutenir l’équipe de France lors de l’Euro et animer les tribunes. Une consécration ?

C’est un grand honneur pour nous de représenter Villeneuve d’Ascq au sein de ce grand évènement : même si on n’est pas officiellement là pour ça, on a l’intention d’être aussi la vitrine du club. D’ailleurs, si on portera, forcément, le maillot bleu de l’équipe de France, on gardera, outre le pin’s des Z’hurlants, le béret rouge aux couleurs de l’ESBVA-LM (et du coup on mettra une écharpe blanche pour faire tricolore). On sera donc à Saint-Sauveur (Lille) sur tous les matchs à 20h de l’équipe de France et à Orchies pour les finales. On sera quinze, et on bosse déjà dur pour élever encore notre niveau. Soyez sûrs qu’on sera prêts !

Ca, nul ne peut en douter. Bon courage, Bébert, à toi et à tous les z’hurlants !

Bertrand Barre dit « Bébert » was last modified: juin 3rd, 2016 by Marc Delgrange

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