Ces divers manques qui coûtent une finale !

L’ESBVA-LM ne verra pas la finale de la Coupe de France. Au delà de ce douloureux enseignement principal de la soirée, cette semaine en a fourni, deux autres, l’un rassurant, l’autre agaçant :

  1. Les Guerrières sont capables de jouer au même niveau que Bourges et même de les battre (même sur leur terrain).
  2. On ne bat Bourges qu’en étant toutes à fond pendant quarante minutes (même sur son terrain).

Elles ont illustré le premier axiome samedi, et, par moments, hier soir, mais, pour cette demi-finale de coupe, elles ont trop illustré le second et la qualification de Bourges est, dès lors, tout à fait logique.

Jo absente, c’est la jeune Monique Ilouga Mbe qui intègre le groupe. Côté Tangos, Clarissa Dos Santos, après une longue séquence d’étirement, s’avère bonne pour le service (elle jouera 32 minutes) On scrute aussi Jo Leedham qui s’échauffe sur le parquet même où elle s’était blessée le 27 novembre. Le Palacium sera symboliquement le lieu de son retour sur le parquet, en début de troisième quart temps durant exactement 3’04. Apparition prudente mais on la salue et lui souhaite un bon rétablissement.

Le Palacium, plein et enthousiaste est prêt à l’événement, y compris  avec la présence tonique d’une petite trentaine de supporters des Tangos. Bref, avec le support de la récente victoire des Guerrières au Prado, les ingrédients sont en place pour une belle soirée de Basket, même si tout le monde a conscience que ce sera d’autant plus dur que Bourges voudra sa revanche.

Alina vs Paoline Salagnac ont brillé, mais c’est Bourges qui aura le dernier mot.

Et donc, pour la cinquième fois de la saison, s’ouvre la « piste aux internationales » (17 au total des deux équipes, dont neuf françaises). Le début du match est une succession de drives, Paoline Salagnac d’un côté, Valériane de l’autre. Un peu plus d’une minute après l’entame, sur une contre attaque que Virginie termine sur Mame-Marie, les Guerrières mènent encore : 6/4, puis 8/6 après que Marielle, toujours sur contre-attaque, ait répondu à Ingrid Tanqueray. Le score basculera (pour longtemps) sur un exploit de Salagnac : un triple + un lancer, puis, alors que les shoots des locales échouent, Kayla Alexander creuse l’écart (avant de se faire joliment contrer par Mame-Marie). A l’approche des cinq minutes, Bourges a quatre fautes collectives et les villeneuvoises accèdent facilement à la ligne des lancers francs… où elle commencent leur terrible stat qui s’ouvre par un 1/4. Salagnac et Sara Chevaugeon ne faiblissent pas alors que l’ESBVA-LM confond vitesse et précipitation et, en tous cas, pas les solutions pour déstabiliser la défense des visiteuses. A 9/17, Fred prend son temps mort, mais le jeu d’attaque de Bourges reste huilé et il faudra un triple de Kamila pour mettre fin à la longue série (0/9) d’impuissance de l‘ESBVA-LM. La première pause est atteinte à 15/25 avec déjà 11 points de Salagnac.

Clairement, dans le camp villeneuvois, on est inquiet, mais commence alors ce qui sera la (seule) bonne période des locales. Elle démarre, d’entrée, par un triple d’Alina, suivi de deux jolis paniers intérieur d’Aby. Il n’y a pas encore trois minutes de jouées et les filles de Fred ont refait la moitié de leur retard, poussant Valérie Garnier au temps mort. Les débats s’équilibrent avec, d’un côté des réussites des visiteuses (dont un triple au buzzer avec la planche d’ Alexia Chartereau), et, chez les locales, un triple loin derrière la ligne d’Alina et un drive de Virginie. Les échecs aux lancers francs contribuent à faire repasser le score par la case « -9 », avant qu’Alina ne relance la machine par un 2+1, suivi d’un coast to coast rageur. A 3’27 de la mi-temps, l’écart n’est que de 4 points quand Bourges prend son deuxième temps-mort. Ça n’empêche pas Marielle, sur deux lancers (réussis…), puis sur passe de Virginie, d’égaliser, et la même Virginie de profiter de la troisième faute de Salagnac pour faire repasser son équipe devant (37/36). Tout le monde rentre au vestiaire à 38/38. Un nouveau match peut commencer, même si on s’effraie du 9/19 de l’ESBVA-LM aux lancers francs.

Au retour, les débats commencent par une succession d’échecs des deux côtés. Puis vient le moment Tanqueray : Après deux minutes, elle fait passer (définitivement, mais on ne sait pas encore) son équipe devant, puis enchaîne deux triples qui contraignent Fred à arrêter le jeu (39/46). Il tente de varier les défenses, mais les guerrières n’y arrivent toujours pas en attaque. Les cinq minutes passent à 39/48 (soit un seul point de l’ESBVA-LM sur ce demi-quart temps) avant que Marielle, à l’extérieur ne trouve la cible. Mame-Marie remonte un peu les stats des siennes aux lancers francs (4 de suite) et ramène le score à -5. Alexander prend sa quatrième faute et l’ultime pause est atteinte sur cet écart de cinq points (47/52) en regrettant le shoot au buzzer d’Alina de l’autre bout du terrain qui échoue d’un rien…

A nouveau, l’ultime période commence par un silence (de 2’20) au score, et on peut voir comme un symbole que deux jolis shoots extérieurs de Kamila gamellent et ressortent. C’est Salagnac en drive qui ouvre la marque, suivie de Mijana Bojovic. Kamila trouve, au troisième essai, la cible, mais un shoot (trop) ouvert de Salagnac rajoute trois points aux visiteuses et, à 51/61 à presque cinq minutes, quand Fred prend un nouveau temps mort, on doute vraiment que la soirée se termine bien. Elle aurait pu tourner au cauchemar plus grand encore quand Virginie, sur un choc reste au sol, mais, après quelques instants sur le banc, la meneuse retrouvera ses camarades. En attendant, Salagnac et Tanqueray, confortablement, continuent à ajuster les tirs de loin. Bourges montre beaucoup plus de maîtrise ; côté Guerrières le cœur n’y est plus et même la combativité ne semble pas également répartie. 62/75 au final. Ce sont les supporters de Bourges qui chantent « on est en finale« , et ceux de Villeneuve qui, malgré un ultime « on vous aime« , des z’hurlants nourrissent bien des regrets.

ESBVA-LM : 62 / Bourges Tango Basket : 75 (15/25 ; 23/13 ; 9/14 ; 15/23) ; 3/19 à 3 points (contre 7/16 pour Bourges, mais samedi, on avait su gagner avec 1/17) et… 19/31 aux lancers francs ! ; 9 points du banc à 22 (symboliquement équivalent à l’écart final) ; 37 rebonds à 31 (seul domaine où l’ESBVA-LM a dominé) ; Alina Iagupova : 17 pts ; Marielle Amant : 12 pts ; Mame-Marie Sy Diop : 9 pts, 9 rebonds ;  Virginie Bremont : 7 pts, 4 passes décisives, 3 interceptions ; Valériane Ayayi : 6 pts ;  Kamila Stepanova : 5 pts ; Aby Gaye : 4 pts ; Olivia Epoupa ; Liudmyla Naumenko ; Monique Ilouga Mbe. Côté Bourges, à noter les 23 points de Pauline Salagnac et les 18 d‘Ingrid Tanqueray (chacune à 3/4 à 3 points)

C’est peu dire que Fred était dépité à la fin de la rencontre. On ne saura jamais si, en réalisant un match plein, les Guerrières auraient pu vaincre les Tangos, tant les équipes ont un potentiel proche. Il appartiendra à chacune et chacun de tirer les enseignements d’un match inabouti. En attendant, c’est donc logiquement Bourges qui ira affronter en finale Charleville-Mézières, facile vainqueur de Lyon (53/78). Il reste une chance de voir une équipe de l’ESBVA-LM ce jour là en finale d’une Coupe de France : les U17. On y reviendra. Les pros, eux, n’ont pas le choix : pour être raccord avec leurs ambitions et leur potentiel, il faudra d’abord aller gagner à Basket-Landes samedi avant d’affronter un difficile quart de finale d’Eurocup mardi soir au Palacium.

Ces divers manques qui coûtent une finale ! was last modified: mars 2nd, 2017 by Marc Delgrange

Comments are closed.

Translate »