Ljuba Drljaca : Une nouvelle étape pour le Centre de Formation de l’ESBVA-LM

A cette rentrée, sans abandonner son rôle d’assistante coach de l’équipe pro, Ljuba Drljaca succédera à Olivier Dhulu en tant que responsable sportive du Centre de Formation de l’ESBVA-LM. Elle coachera les U18 (Olivier D’halluin coachera les U20). Le club a ainsi voulu renforcer les liens entre le Centre et le groupe pro et optimiser, pour la formation des jeunes, la connaissance multifacette que Ljuba a du très haut niveau.

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Ljuba Drljaca face à un nouveau défi

Ljuba, beaucoup, à l’ESBVA-LM, se souviennent de la joueuse, tout le monde connait aujourd’hui l’assistante coach, on va donc découvrir à cette rentrée la formatrice, puisque tu vas prendre la responsabilité sportive du Centre de Formation. La saison dernière, tu intervenais déjà dans le perfectionnement individuel de nos jeunes joueuses. Est-ce le prolongement de cette expérience ?

Pas uniquement. Ça fait un moment que c’est que c’est une vraie envie pour moi. Dans une carrière de joueuse, je pense que cette période, vers 18/20 ans, est à la fois un âge capital et un âge difficile auquel se joue l’arrivée ou non au haut niveau. C’est donc quelque chose dans lequel j’ai envie de m’investir, et d’ailleurs, quand, l’an dernier, j’ai fait ma formation d’entraîneur, j’ai choisi, pour mon mémoire, la thématique du lien Centre de Formation/équipe professionnelle. Je pense qu’à l’ESBVA-LM on n’a pas assez réussi, jusqu’à ce jour, à créer cette passerelle entre les joueuses du Centre et l’équipe pro. Mon objectif – un de mes objectifs en tous cas – est que, dans l’avenir, on puisse intégrer des joueuses formées « maison », ce qui, par ailleurs, s’avère souvent budgétairement intéressant.

Dans l’interview d’il y a deux ans, tu nous disais que, dans le pays dont tu es originaire [la Serbie] tu étais déjà investie auprès des jeunes joueuses.

En effet, j’ai fait partie, en Serbie, d’une équipe nationale espoir qui, suite à la guerre des années 90, a dû se disperser. On est restées en contact et, quand est arrivée la fin de nos carrières de joueuses (dans les années 2009/2010), moi et deux autres du groupe avons monté chez nous, à Novi Sad, une académie de Basket pour les jeunes de sept à quatorze ans. Cinq ans après, ça a fait naître une équipe qui est arrivée en première division. On a donc fait le parcours entre les très jeunes et le haut niveau.

Et puis, depuis deux ans, je suis assistante coach des U20 de Serbie. J’ai beaucoup aimé ces deux étés, beaucoup aimé la pratique du coaching qui impose de réagir en très peu de temps, et beaucoup aimé de voir ces jeunes joueuses d’avenir. Mais, bien sûr, les sélections nationales, c’est toujours court. On n’a pas beaucoup de temps.

Je crois que c’est une richesse de pouvoir mélanger les expériences. Ma double culture, serbe et française bien sûr, mais aussi ce que j’ai découvert, l’an dernier quand j’ai fait mon stage aux San Antonio Spurs que j’ai raconté l’an dernier (revoir le compte rendu ici).

Donc, parlons de la « patte » Ljuba. Qu’est ce que tu vas essayer de faire passer ?

Je ne crois pas avoir une conception révolutionnaire, mais j’ai un atout : une expérience personnelle assez importante du très haut niveau, en tant que joueuse, et, plus récemment, dans le coaching. Je ne vais pas me contenter de remettre en place ce que j’ai connu dans le passé. Les générations passent, et il faut être attentif à comprendre ce qui change. Je m’appuierai sur mon expérience, mais ce sera aussi un challenge pour moi. Je m’appuie sur un Centre de Formation qui a bien travaillé, comme en ont attesté, cette année, les U18 qui ont disputé le final four. On a des bonnes joueuses, mais il faut chercher le « petit truc » , le déclic qui permettra de franchir le pas. Ça dépend de beaucoup de facteurs, et je pense qu’il est bien d’avoir vécu ça soi-même.

Selon moi, une bonne partie de ce qui sépare le haut niveau du très haut niveau, c’est la culture de la gagne, mais il est important de préciser que « la gagne » dont je parle, ce n’est pas seulement gagner ou perdre le match, c’est, plus largement, vouloir la réussite de ce qu’on fait. Indépendamment du score, quand on prend un shoot, c’est vouloir absolument le rentrer, quand on joue un « un contre un » (en attaque comme en défense) c’est pour le gagner. Quand on finit un match c’est, aussitôt, l’envie de faire mieux au match suivant. Si on a perdu de trente points, il faudra faire mieux au match retour. C’est, à chaque fois, se dépasser, même dans les exercices. Donner un petit peu plus.

Beaucoup de travail individuel, donc ?

Oui, je veux former des joueuses complètes, pas des joueuses formatées. Il faut repérer le potentiel de chacune et travailler, à partir de là, sur la performance individuelle, pour pouvoir, ensuite, la mettre au service du collectif. Je veux aussi que les filles prennent des risques. Si elles ne les prennent pas à 17/18 ans, comment espérer qu’elles les prendront plus tard ? Je veux que les joueuses construisent leur progression, qu’elles cherchent elles-mêmes. Il faut connaitre la personne, savoir ses qualités et ses défauts, comprendre. J’axerai sur le perfectionnement individuel, la lecture du jeu, pour qu’elles puissent chercher les solutions elles-mêmes.

Ce travail individualisé demande que le coach montre l’exemple et soit obsédé par l’envie de gagner dans toutes les circonstances, de se dépasser un petit peu plus dans les exercices. Il doit être exigeant avant, pendant mais aussi après les matchs. Il demande beaucoup d’investissement des joueuses et des coachs qui ne doivent pas hésiter à sacrifier de leur temps libre pour travailler encore avec telle ou telle joueuse.

Un autre point, dont j’ai parlé au début, c’est qu’il faut donner la chance aux jeunes joueuses de partager des expériences avec le groupe pro. J’ai connu ça à quatorze ans et ça m’a apporté beaucoup de vivre ces moments avec elles. Même quand on est pro, pour prendre un exemple récent, avoir côtoyé Ann Wauters, a été un apport énorme pour les filles qui l’ont vécu.  Ça donne envie. C’est très important sur le mental de partager des moments de grandes joueuses. Cette année Imane a vécu avec le groupe pro, et je pense que ça lui a beaucoup apporté, mais, comme on avait onze pros, elle a très peu joué. C’est un point où nous devons progresser. C’est un travail à mener en commun avec Fred.

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A noter, à propos du Centre de Formation, que le tournoi mondial « moins de 17 ans »  s’est déroulé en juin à Saragosse (Espagne). L’équipe de France a terminé son parcours en quart de finale par une défaite tout à fait honorable contre l’équipe des Etats-Unis.  Dans l’équipe, on notait la présence de Carla Mbaye qui, en septembre, intégrera le Centre de Formation de l’ESBVA-LM.

Ljuba Drljaca : Une nouvelle étape pour le Centre de Formation de l’ESBVA-LM was last modified: juillet 2nd, 2016 by Marc Delgrange

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