Yakin point…

L’armada turco-américaine (douze joueuses, dont cinq américaines, trois assistants coachs, trois préposés à diriger l’échauffement, un kine, cinq journalistes etc…) a débarqué au Palacium, mais une bande de Guerrières les attendait de pied ferme. Au bout de quarante minutes d’une bataille de tous les instants et d’un match de très haut niveau, l’ESBVA-LM se rendra, après demain vendredi, en Turquie, sur le terrain de Yakin Dogu, avec juste un petit point de retard.

On est donc à la mi-temps de cette double confrontation sur une quasi-égalité. Il reste quarante minutes pour savoir qui ira en demi-finale. Entre l’équipe présentée comme la favorite de la compétition et l’ESBVA-LM, on a vu hier soir que, s’il y avait une différence de budget abyssale, il n’y avait pas la différence de niveau que nombre d’observateurs annonçaient. Il est même probable que ce qui a pesé le plus dans le dernier quart temps, le seul remporté par les joueuses d’Istanbul, ce fut la fatigue due à un manque de rotation des françaises, contraintes d’évoluer sans Marielle et avec une Jo qu’on a été ravi de voir entrer à la tête de ses troupes, mais qui, pour cette reprise, ne pouvait soulager ses partenaires que quelques minutes.

Dans un Palacium comme toujours plein, « z’hurlant », et agrémenté dune vingtaine de supporters turcs, c’est Mame-Marie qui montre ce que sera la détermination des locales sur un contre, et c’est Aby qui ouvre le score de son petit bras roulé. L’âpre bataille en défense (deuxième contre de Mame-Marie) provoque échecs aux tirs et pertes de balles chez les visiteuses, et, après un triple de l’omniprésente Mame-Marie, un nouveau panier d’Aby, au rebond sur un drive de Virgine, porte le score, après quatre minutes, à 9/0 poussant Zafer Kalaycioglu au temps-mort. C’est Quanitra Hollingworth qui débloquera les siennes, suivie de Courtney Vandersloot, puis de Kayla Mac Bride. Un avant goût de la feuille de stats côté turc, puisque les trois américaines marqueront à elles seules 51 points soit 75% du total de leur équipe. Côté des Françaises, Valériane, Olivia et surtout Alina (7 points d’affilée) rendent coup pour coup, mais Mac Bride rentrera trois triples et la période se conclura sur un court avantage villeneuvois : 22/21.

L’énergie ne baisse pas et les villeneuvoises gagnent quelques âpres batailles sous le cercle. Kamila, après deux « gamelles » qui eussent mérité mieux, ouvre la période, suivie d’un tir à plus de 8 mètres d’Alina. Valériane rentre aussi son premier triple suite à un cafouillage, suivie de Virginie (ces trois dernières marqueront à elles seules 49 points soit 73% du total de leur équipe). Les turques, fébriles, enchaînent les ratés et le score monte à 33/23 aux cinq minutes (plus gros écart du match). Petit à petit, Mc Bride et Yelena Leuchanka, la dernière recrue stambouliote, ramènent les leurs. Valériane brille de très loin (on ne sait pas encore qu’il y aura mieux plus tard) et tout le monde repart au vestiaire avec une petite avance de l’ESBVA-LM : 37/31. Un avis unanime à la buvette : « Quel beau match ! ».

Et ça repart sur le même mode. Mc Bride et Vanderstoot d’un côté, Mame-Marie (d’un triple autoritaire) et Alina de l’autre. On sent cependant des les villeneuvoises qui entrent, physiquement, dans le dur, qui sont plus en retard en défense, qui multiplient les fautes (4ème collective alors qu’il reste près de 6 minutes). L’écart se réduit à 2 points, mais les Guerrières ne lâchent pas. Les dernières secondes rentrent dans « l’Histoire de Valériane » : un premier triple acrobatique avec la planche puis, à 2″5 de la fin, un missile parti du niveau de sa ligne de lancers-francs trouve la cible plusieurs dizaines de mètres plus loin. Le geste de la soirée, qui montre une volonté de ne pas renoncer et rétablit, à l’ultime pause, l’écart de la mi-temps : 52/46.

Restent dix minutes à tenir. La volonté est là mais la fatigue aussi. Le secteur intérieur des visiteuses (Leuchanka et surtout Hollingworth, auteure de 11 points dans le dernier quart) ramène son équipe. Certes Valériane montre qu’elle peut aussi jouer de beaux mouves sous l’anneau; certes Virginie (huit points dans la période), multiplie les drives victorieux, mais l’inévitable arrive : à 3’37 de la fin, pour la première fois depuis le tout début du match, sur un drive de Vanderstoot, Yakin Dogu passe devant. On sent quelques premiers signes de perte de lucidité mais aucun de perte de combativité. Sur un drive acrobatique d’Alina, les filles de Fred reviennent à égalité. Virginie, sur passe d’Alina conclut la marque, la dernière attaque nordiste, à 5″7 du terme échoue.  67/68. Un peu agaçant de perdre, mais sur une formule en aller retour, -1 n’est pas très différent de +1 et on a vécu, au Palacium, quarante minutes de basket de très très haut niveau.

Allez : une mi-temps de trois jours, une petite délocalisation à Istambul et on remonte au combat. Loin des yeux les Guerrières sont d’ailleurs souvent en mode « même pas peur ». Sans remonter aux exploits de 2015 à Basket-Landes et Braines, on se souviendra que la bande à Fred à remporté, cette année, sa seule incursion en terre ottomane (à Hatay) et, plus récemment encore, de ses perfs à Bourges et à Basket-Landes.

ESBVA-LM : 67 / Yakin Dogu Üniversitesi : 68 (22/21 ; 15/10 ; 15/15 ; 15/22). Un écart significatif concernant les points du banc (6/19) et les rebonds (33/45). Valériane AYAYI : 17 pts, 7 rebonds ; Alina IAGUPOVA : 17 pts ; Virginie BREMONT : 15 pts ; Mame-Marie SY DIOP : 8 pts ; Kamila STEPANOVA : 4 pts ;  Aby GAYE : 4 pts ; Olivia EPOUPA : 2 pts ; Jo GOMISLiudmyla NAUMENKO ; Helène JAKOVLJEVIC.

Autres quarts de finale : Kosice 73 / Galatasaray 62 ; Montpellier : 65 /Kaysery : 85  ; Krakowie 57/ Hatay 69

Yakin point… was last modified: mars 8th, 2017 by Marc Delgrange

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