Le retour de Virginie : la force soit avec elle !

Trois mois qu’on l’attendait, trois mois qu’elle manquait à tous les supporters comme à ses coéquipières. Le retour de Virginie Brémont, suite à sa blessure dès le début de la rencontre à Prague est, au delà même de l’aspect purement sportif, un événement heureux pour la famille ESBVA-LM. On a eu envie de l’entendre nous le confirmer elle-même. Mais, au delà, « Vir » fait partie des taulières du club : la deuxième plus ancienne, juste après Jo Gomis. Alors, on a eu aussi envie, pour son retour, de lui demander, juste avant l’entrainement de mercredi, de jeter un regard rapide sur l’ESBVA-LM et ce qu’elle y a vécu.

Virginie et son élégance de retour sur les terrains… et bientôt au Palacium…

Virginie, la question de départ est celle qu’attendent tous les fans de l’ESBVA-LM : Comment vas-tu ? Est-ce que tu vas jouer vendredi soir à Bourges ?

Très bien. J’ai repris le chemin des parquets donc ça ne peut qu’aller bien. Les trois mois d’absence ont été très longs. Il m’a fallu de la patience, j’ai eu du mal mais maintenant c’est derrière moi et c’est parti pour une « nouvelle saison » pour moi. Vendredi, je serai sur la feuille de match. C’est déjà important pour le moral. Après, c’est le coach qui décide si je rentre ou pas. J’ai envie, bien sûr, mais je suis lucide : je ne m’attends pas à jouer quarante minutes [rires]. Je serai prête si le coach a besoin de moi.

22 Novembre – 23 février. Comment se sont passées ces quatre-vingt-treize jours d’interruption forcée ?

Un peu difficile… En fait, je me suis totalement arrêtée pendant deux mois. Puis j’ai repris le travail pendant un mois avec Ludo [Ludovic Lempens, le préparateur physique du club]. Ça s’est plutôt bien passé même si au début c’était compliqué. Les deux premières séances se sont bien déroulées, mais à la troisième, j’ai eu à nouveau mal. J’avais vraiment l’impression de faire un pas en avant et deux pas en arrière. Mentalement ce n’était vraiment pas évident… Mais avec les soins, l’ostéopathe, le kiné, le travail a porté ses fruits et depuis trois semaines j’ai vraiment repris à fond et cela fait quelques jours que j’ai repris l’entraînement… 

Tu es restée très proche du groupe, du club, des supporters pendant tout ce temps. J’imagine que tu as reçu du soutien.

Bien sûr, j’ai été vraiment soutenue, j’ai reçu beaucoup de messages. Dès mois de janvier on me demandait quand est-ce que mon retour était prévu. C’était vraiment agréable de recevoir autant de soutien. Mes partenaires (et notamment, bien sûr, les plus anciennes comme Jo, Laeti, Marielle, Mame…) mais aussi les supporters et ma famille m’ont beaucoup soutenue. Tout le monde a été vraiment top avec moi et ça fait du bien au moral. 

En parlant d’anciennes, tu en fais partie. Tu en es à ta quatrième saison, ce qui autorise, dans un sens, un œil « expert » sur l’ESBVA-LM à partir de quelques petites ou grandes choses que tu as vécues ici.

C’est vrai que je connais bien le club, y compris parce que je suis de la région. J’ai commencé à jouer à Calais et Armentières. Donc je connaissais déjà Villeneuve d’Ascq comme club phare de la région. Je suis très content de mes quatre ans à Montpellier, à bien des égards c’était agréable, mais j’ai toujours dit que, si je devais quitter le BLMA, ce serait pour revenir dans le Nord, et évidemment, le club idéal, c’était l’ESBVA-LM. C’est vrai que j’y ai de merveilleux souvenirs.

Ton meilleurs souvenir sportif ?

Si on prend en compte à la fois l’aspect purement sportif et l’aspect humain, c’est évident : la saison 2014/2015. Celle de la victoire en Eurocup. Pas seulement parce qu’on a gagné ce premier titre, mais aussi parce que ça a été une incroyable aventure d’amies – on l’est toujours d’ailleurs. C’est une année qu’aucune, je crois, ne pourra oublier. Sur un plan purement sportif, le titre LFB l’an dernier, c’était important aussi, parce que le championnat, sur toute la saison avec des équipes qu’on connait, des joueuses qu’on connait, ce n’est pas rien. Mais clairement, en 2015 il y avait une dimension en plus.

Vir et Anne. 26 mars 2015. Charleroi.

La joueuse avec qui tu as joué et qui t’a le plus marquée ?

Avec un clin d’œil au départ à Jo, qui compte beaucoup comme coéquipière et amie, si on focalise plus sur le Basket, il n’y a aucun doute : Anne (Wauters). Bien sûr, il y a, pour la régionale que je suis, une part de mon histoire, parce que Anne, quand j’avais treize/quatorze ans, j’allais la voir jouer à Valenciennes et c’était déjà une championne que j’admirais énormément. Alors, quand j’ai su que j’allais jouer avec elle… Mais au delà de cet aspect souvenir, ce qu’elle m’a apportée, ce qu’elle nous a apportées à toutes, c’est énorme. C’était ma première année au club, elle m’a beaucoup aidée. Moi comme les autres. Sur le terrain, elle avait une façon de voir les choses, et ensuite de faire à chacune un retour, qui la faisait devenir meilleure. Elle savait nous motiver en partant de nos points forts comme de nos points faibles. Elle était très franche, mais toujours avec le souci de nous encourager. Elle m’a beaucoup appris. Mais je n’aurai jamais sa capacité à parler au groupe, à l’entraîner vers l’avant. C’est pas mon tempérament.

Si je peux me permettre, je voudrais saluer aussi une joueuse que j’ai côtoyée à Montpellier : Gaelle Skrela. C’est une fille qui m’a énormément impressionnée par son parcours et son professionnalisme. Elle n’avait pas forcément un talent inné, et elle a tout gagné par son travail. C’était aussi une coéquipière super et une amie. Pour moi, c’est un « exemple à l’état pur ». J’aime cette expression qui lui va si bien.

Ces quatre ans ont été aussi quatre ans de relations avec Fred.

Ouais. Ça fait un bail ! Sans compter qu’étant de la région, on se connaissait déjà depuis longtemps. Il m’a vue toute jeune joueuse. En 2014, il était « jeune coach ». On peut presque dire qu’on a grandi ensemble… et qu’on continue. Avec Fred, c’est souvent passionnel, mais avec nos tempéraments, ça n’explosait pas, ça commençait par bouillir à l’intérieur. Il me considère (avec Jo, qui, d’ailleurs a dit des choses proches en fin de saison dernière) un peu comme un relais sur le terrain. C’est de la pression.  J’ai besoin de ressentir sa confiance, et quand, à tort ou à raison, je la sens moins, je rumine. C’était compliqué l’an dernier, parce qu’à mon poste, il y avait une énorme concurrence [Olivia]. C’est compliqué comme situation. En tous cas, pendant un moment, je l’ai mal vécue. Elle aussi sans doute. Mais je pense que ce n’était pas facile pour lui non plus. Ce qui a été dur aussi, c’étaient les saisons, juste après l’Eurocup ou l’an dernier, où on était à onze joueuses. A mon avis, c’est trop. Pour lui comme pour nous. Les tensions naissaient inévitablement. Lui et moi on commençait par se renfermer chacun de notre côté. Mais petit à petit on a trouvé comment bien communiquer. Ça m’a forgé le mental. Lui aussi j’imagine. Comme je le disais, on grandit ensemble. Aujourd’hui, on a une super relation. D’ailleurs, il est venu, l’an dernier, entraîner dans mon « camp d’été » et je suis fière et contente qu’il ait accepté de rempiler pour l’an prochain.

Si tu devais ne garder qu’un mot pour qualifier l’ESBVA-LM, en comparant à ce que tu as connu ailleurs ?

Je dirais « professionnalisme« . A tous les niveaux. Je ne prendrai qu’un exemple : le staff médical. Très présent, y compris un kiné en déplacement. C’est le jour et la nuit par rapport à ce que j’ai connu, à l’époque, à Montpellier.  Mais, si je poursuis la comparaison, je dois aussi ajouter une autre caractéristique  du club : l’ensemble (ils sont indissociables et je ne sais pas dans quel ordre les citer) « Z’hurlants-supporters-public-speaker ».  Je connais bien toutes les salles de la LFB. Il n’y a pas photo : on a le meilleur public de France... et même au delà.

Merci Virginie. Bonne reprise…  et surtout bonne chance pour vendredi soir.

Interview réalisée le 21 février par Sarah Derancourt et Marc Delgrange. Photos Emmanuel Roussel.

Le retour de Virginie : la force soit avec elle ! was last modified: février 22nd, 2018 by Marc Delgrange

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