A la rencontre de Kamila Stepanova

Ecrivez bien son prénom avec un K, prononcez Kamila (et non Kamillia), et n’hésitez pas à l’approcher, vous récolterez facilement un sourire. Kamila Stepanova, internationale tchèque (elle disputa notamment l’Euro 2015), née à Tabor, un peu au sud de Prague, sera, cette saison, une nouvelle Guerrière dans la raquette, avec une préférence pour le poste « 4 ». Elle n’est pas en pays inconnu, en France, puisqu’elle a déjà évolué trois saisons à Basket Landes et une à Toulouse. Elle comprend donc assez bien le Français mais rechigne encore à le parler. Et si elle était plus timide que ce que son 1,93m et sa carrure impressionnante ne le laisseraient penser ?

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Kamila Stepanova : du physique dans la raquette !

Kamila Bonjour, tu attaques ta cinquième année en France, tes quatre précédentes étaient dans le sud, qu’est-ce qui t’a fait monter dans le Nord ?

L’envie d’un nouveau challenge. La saison dernière, à Toulouse [relégué en fin de saison] a été assez frustrante pour moi. J’avais envie de jouer à un meilleur niveau. Villeneuve d’Ascq, c’est clairement, actuellement, le plus haut niveau en France, alors je n’ai pas hésité. C’est un défi. Je ne m’attends pas forcément à jouer trente minutes, mais je donnerai le meilleur de moi-même quand on me mettra sur le terrain. Je sais, bien sûr, qu’on attend de moi que je défende bien, que je prenne des rebonds. Pour la coordination avec les autres, on commence à peine le travail, ça va se mettre en place…

Tu es la première joueuse de nationalité Tchèque de l’histoire de l’ESBVA-LM. Parle nous un peu de la république Tchèque : qu’est-ce que tu pourrais en dire à un français qui ne connait pas ?

Ce que je pense, évidemment, c’est que c’est un beau pays. Particulièrement, bien sûr, Prague, qui est une ville magnifique où il est très agréable de passer du temps. La Tchéquie est assez différente au plan de l’architecture, de la culture, et même du point de vue mentalité. C’est aussi ça qui est intéressant… C’est un pays qui a longtemps été tourné vers l’est, vers la Russie, mais ça a beaucoup changé. On y mange bien, et on a aussi de très bonnes bières. Et puis, en comparaison de la France, la vie y est moins chère.

Pour faire symétrie, puisque tu connais un peu la France, maintenant, qu’est ce que tu dirais de la France à un de tes compatriotes qui t’interrogerait ?

J’aime beaucoup la France, et je recommande à mes amis de la découvrir. Les touts débuts, pour moi, étaient un peu difficiles. Enfin, pas vraiment difficiles, mais … il a fallu que je m’adapte : les comportements ne sont pas les mêmes. Les gens profitent plus de la vie, alors qu’en Tchekie, tout le monde est toujours pressé. Le pays est différent, vous avez la mer, vous avez de jolis paysages naturels, du bon vin, de la bonne cuisine. Les Français sont amicaux, tout le monde a été très sympa avec moi. Je n’ai rien de négatif à dire, et puis, mon « boyfriend » est français… Ceci dit, je connais surtout le sud. Du Nord, je ne connaissais jusqu’à présent que les salles de sport…

Au plan Basket, qu’est ce qui t’as poussée à venir jouer en France ?

En Tchéquie, le niveau de basket baisse tous les ans. On a eu une génération extraordinaire [la République Tchèque a été championne d’Europe en 2005 et vice-championne du monde en 2010], mais elle est terminée maintenant. Et puis, presque toutes les bonnes joueuses évoluent à présent hors de Tchéquie, et n’envisagent pas de revenir. En tous cas, pour moi, je suis vraiment satisfaite – au plan Basket-ball – d’être à l’étranger. Retourner jouer au pays serait vraiment une des dernières options que je choisirais. En plus, mais ça, je l’ai découvert sur place, en France, on fait vraiment plus confiance, on reste positif, on peut jouer sur vous, même si vous n’êtes pas un « cadre » de l’équipe. Ça aide, c’est bon pour le moral.

Tu as eu plusieurs fois l’occasion de venir jouer au Palacium, qu’est ce que tu penses de l’ambiance qui y règne ? Comment tu conçois ton rapport aux supporters ?

Ben, ça me rappelle un peu l’atmosphère de Basket-Landes, parce qu’il y a vraiment un public qui est là. Hier, pour le match à Saint-Amand, j’ai été surpris qu’il y ait autant de monde dans les tribunes pour un premier match de préparation. C’est important, pour des joueuses, de sentir qu’il y a des gens qui les suivent. Bien sûr, jusqu’à l’an dernier, quand je venais ici, c’était dans l’équipe adverse, et le public nous rendait la tâche plus difficile, mais je préfère quand même ça. A Toulouse, par exemple, il n’y avait jamais personne. Ça n’est pas agréable de jouer comme ça. La bonne atmosphère, c’est quand on sent le public derrière soi. J’aime bien le contact direct avec les supporters. Bien sûr, quand on perd, et encore plus quand on a l’impression d’avoir fait un mauvais match, on n’a pas toujours très envie de parler, mais bon…

Tu es arrivée dans le nord il y a un peu plus de quinze jours. Quelle est ta première impression ?

Oui, je suis venu un peu avant, avec mon copain. Ici, c’est très différent de Mont-de Marsan, parce que la ville est beaucoup plus grande, et on peut faire beaucoup de choses. En plus on est rapidement en Belgique par exemple, où dans d’autres endroits. C’est important pour moi parce que j’aime bouger, découvrir des lieux. Certes, je suis venue pour jouer au Basket, mais, quand j’ai un peu de temps, je ne veux pas rester enfermée. Je déprimerais.

Est-ce qu’il y a, dans l’équipe, des filles que tu connais un peu plus ?

Surtout Valeriane et Olivia, puisque j’ai joué avec elles à Basket-Landes ou à Toulouse. Après du terrain j’ai plus ou moins croisé toutes les filles…

Merci, Kamila, et bienvenue à Villeneuve d’Ascq

A la rencontre de Kamila Stepanova was last modified: septembre 7th, 2016 by Marc Delgrange

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