Bienvenue chez les Guerrières, Hélène !

Hélène Jakovlevic est pensionnaire du Centre de Formation de l’ESBVA-LM pour la deuxième année. L’an dernier, il lui était arrivé de faire quelques minutes sur le terrain avec les pros et on se souvient que, lors de la finale contre Montpellier, elle avait eu l’honneur d’inscrire le dernier point du match. Elle est donc tout à fait officiellement Championne de France, mais n’était pas encore officiellement « pro ». Une première sélection (et médaille de bronze) en Equipe de France U18 cet été, et un peu plus de temps de jeu cette année, et voilà qu’une nouvelle étape est franchie ce samedi 3 février : elle vient de signer un contrat professionnel de trois ans avec l’ESBVA-LM. De quoi avoir envie de lui faire une petite interview !

Hélène lors des 1/4 de finale de Coupe de France face à Lyon

Hélène, quel a été ton parcours jusqu’à maintenant ?

Je jouais beaucoup au basket chez moi petite, c’est comme ça que ça m’est venu au début. J’y ai vite pris goût, j’ai été au Pôle Espoir de Strasbourg pendant deux ans, je suis rentrée un an à l’INSEP, et après cela j’ai atterri au Centre de Formation de Villeneuve d’Ascq où je suis depuis presque deux ans maintenant.

Tu t’attendais à être signée chez les pros aussi rapidement ?

Non pas du tout. Enfin, quand je suis arrivée à Villeneuve d’Ascq, il y a deux ans, j’avais quand même pour objectif de signer un contrat professionnel après avoir passé mon Baccalauréat, donc à mes 18 ans. Je n’avais pas imaginé que l’ESBVA-LM m’en proposerait un… Je l’espérerais c’est sûr parce que pour moi c’était la continuité la plus logique. Mais je n’avais pas idée que ça allait arriver maintenant. Je suis vraiment ravie qu’ils m’aient proposé de signer chez eux, et j’ai accepté avec grand plaisir !

Tu ne souhaitais pas aller ailleurs après ton Bac, découvrir une autre région ou un autre club ?

Je suis très bien à Villeneuve et je suis très attachée à ce club. C’était mon premier choix pour la signature d’un contrat pro : si eux me proposaient, j’acceptais sans réfléchir.

Hélène attentive aux conseils du coach lors des 1/4 de finale de Coupe de France

On t’a vu très souvent ces dernières semaines sur le banc lors des rencontres des pro et notamment en Euroleague. Comment tu as abordé tes débuts chez les Guerrières ? 

Il y a eu beaucoup de circonstances qui m’ont amenée sur le banc entre les blessées et le départ de Réjane Vérin fin décembre. Cela fait maintenant un mois et demi que je suis vraiment tout le temps aux entraînements chez les pros. Quand Fred me dit de rentrer sur le terrain ça me fait toujours plaisir, c’est valorisant et c’est surtout de l’expérience à prendre pour les prochaines années. J’ai envie de donner le maximum, pour qu’au moment où je sorte du terrain, je n’ai aucun regret par rapport à ma prestation.

Ce contrat c’est l’aboutissement de mes deux ans de formation, de mon travail avec Ljuba et avec tous les coachs que j’ai pu croiser.

Donc tu démarres quand chez les pros ?

J’ai une convention en tant que stagiaire de Centre de Formation avec l’ESBVA-LM jusqu’en octobre et à partir du 6 octobre mon contrat pro débutera pour trois ans.

Au niveau de tes études tu en es où ? Comment tu vas aborder cette « nouvelle vie » ?

L’année prochaine je débute une formation par correspondance en STAPS à Lille avec le CNED. De cette manière je pourrais facilement allier études et basket. C’est une façon pour moi d’être disponible pour jouer, de ne pas avoir d’horaires imposés, j’organise mon travail en fonction des entraînements. Je voulais vraiment privilégier le basket, mais sans mettre mes études de côté.

Et dans ta famille, comment vivent-ils cette passion dévorante ? Tu es encouragée ?

Mes parents sont très contents pour moi. Depuis le début ils me suivent dans mes projets, ce sont des anciens basketteurs alors ils doivent comprendre ce que ça représente pour moi. Ils ne jouaient pas à haut niveau mais mon père évoluait en N2 et ma mère en prénationale. Ce sont eux qui m’ont transmis cette passion pour le basket, c’est grâce à eux que j’en suis là aujourd’hui. Ils m’encouragent, ils sont derrière moi et ils viennent me voir jouer à Villeneuve régulièrement !

Comment tu te sens chez les pros ? Comment as tu vécu tes premiers matchs dans cette équipe ? 

J’ai eu la chance l’année dernière d’avoir fait quelques matchs, il y a beaucoup de stress et d’appréhension. Cette année c’est encore différent. Quand je rentre sur le terrain face à des joueuses qui ont une expérience ou une carrière importante, ça m’impressionne toujours un peu. Mais je me sens assez à l’aise. Et plus la saison avance, mieux je me sens. Beaucoup de gens me disent que j’ai l’air bien intégrée à l’équipe des pros. J’ai eu de la chance que les filles soient aussi accueillantes avec moi, et notamment la capitaine, Jo, qui m’a très vite pris sous son aile. Quand on rentre tard de déplacement je vais dormir chez elle, quand je n’ai personne disponible pour m’accompagner au Palacium, je prends le métro jusque chez elle et on y va ensemble. Je sais que je peux compter sur elle et sur toutes les filles en général. Elles sont bienveillantes envers moi, c’est un peu comme des grandes sœurs, donc c’est plus facile pour moi, si je suis à l’aise avec elles, d’être ensuite à l’aise sur le terrain.

A vrai dire, aujourd’hui, cela se passe un peu comme si j’étais déjà une pro. Elles ne font aucune différence entre elles et moi. Quand j’ai quelques doutes, quand je fais un pas de travers, elles viennent toujours m’encourager et me rassurer. Et quand je fais les choses bien, elles sont encore derrière moi pour me pousser et me féliciter.

Hélène lors de son premier clapping, et loin d’être le dernier…

Quelles sont tes ambitions pour la suite ?

Je vais déjà finir l’année ! Ensuite briller au Centre de Formation, pourquoi pas obtenir une médaille, et cet été j’aimerais bien être sélectionnée en Equipe de France U18.

Pour la saison prochaine, j’aspire à une vraie place dans le collectif de Guerrières de Fred et Ljuba. Je suis encore la « petite jeune » du groupe cette année et je le serai encore l’année prochaine, mais j’aimerais devenir une joueuse-clé dans l’équipe.

Bien sûr parmi tous ces projets j’ai envie de gagner des titres, mais surtout de progresser autant que possible !

Tu es impressionnée par ce qui t’arrive ?

C’est vrai qu’au début c’était un peu impressionnant, mais j’arrive à me dire aujourd’hui que si je suis là, c’est que je l’ai mérité. J’ai vraiment travaillé pour gagner ma place. C’est une opportunité incroyable mais maintenant que j’y suis, il ne faut pas que je me pose trop de questions et que je fonce !

Tu n’as pas peur de la médiatisation autour des pro ? Les interviews comme celles-ci il va falloir t’y habituer (rires)

C’est sûr que je n’ai pas l’habitude de la médiatisation mais je sais que ça va avec et au fur et à mesure je m’y habituerai. J’ai toujours un petit peu d’appréhension avant les rencontres avec les journalistes, les conférences de presse ; je ne suis pas une grande bavarde et puis il faut toujours faire un peu attention à ce que l’on dit. Après un match compliqué, il ne faut pas que je me laisse submerger par mes émotions par exemple, mais je vais m’y faire !

Encore bravo pour ce contrat et bienvenue chez les Guerrières Hélène !

Interview réalisée le 3 février par Sarah Derancourt – Photos Emmanuel Roussel

Bienvenue chez les Guerrières, Hélène ! was last modified: février 5th, 2018 by Sarah Derancourt

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