Diminué, l’ESBVA-LM à lâché trop tôt et s’est repris trop tard.

Commençons par le constat brut : l’ESBVA-LM a subi face à Lyon sa deuxième défaite de la saison en championnat (la première au Palacium depuis décembre 2016). Approfondissons le en pointant des « temps de passage » étonnants : 50 points encaissés en première mi-temps et 16 en deuxième, alors que, comme le soulignait un Fred ulcéré après le match, c’étaient « les même joueuses, les mêmes adversaires, la même salle, le même éclairage, les mêmes supporters » (auquel il rendit d’ailleurs hommage pour leur fidélité).

Tentons de contextualiser : le groupe Villeneuvois est physiquement touché. Le coach le craignait avant la pause : les performance étaient magnifiques mais les organismes étaient éprouvés. Ce soir, outre Virginie (qui va mieux mais pas encore assez pour reprendre), c’est Joey, en délicatesse avec son pied, qui fut contrainte de rester sur le banc. Et on a craint le pire à l’échauffement en voyant Pauline recevoir un mauvais ballon sur le doigt et devoir se faire longuement soigner. Mais « Pau » est solide : elle revint  juste à temps avec un pansement. N’empêche : le cinq majeur était bien décimé et, dans ce qui restait de valide, la fatigue était palpable. A l’évidence la pause n’a pas tout effacé.

Pauline, sur 9 doigts, n’a pu que rarement percer la défense Lyonnaise

Cela explique des choses, mais pas tout. Après la rencontre, Fred voulait surtout souligner les attitudes de première mi-temps pour lesquelles il n’avait pas de mots assez durs. « Les joueuses, pendant vingt minutes, ont lâché le club, lâché les supporters, lâché les partenaires, lâché les coachs et ne se sont même pas respectées elles-même« . Il pointait essentiellement la défense, coupable d’avoir encaissé 50 points en une mi-temps (laissons les spécialistes des archives retrouver un éventuel précédent, surtout à domicile), de n’avoir appliqué aucune des cinq consignes défensives que Ljuba et lui avaient dégagées au début de la rencontre et même pas les deux qu’il avait ciblées plus particulièrement sur un temps-mort. On ne peut lui donner tort, même s’il faut aussi repérer, en attaque, les 23 ballons perdus qui ont donnée aux filles de Valery Demory autant d’attaques faciles. Attaques que, conscientes de la fatigue des nordistes, les lyonnaises, beaucoup plus reposées sans contraintes européennes, menèrent sur un rythme ultra rapide.

Deux « jokers » de qualité face à face. 8 points pour Joyce, 7 pour Julie Van Loo, mais…

Bref, le sentiment dominant, après la rencontre, quelque soit le poids que chacun accorde aux circonstances atténuantes, c’était que les filles avaient, très tôt – trop tôt -, lâché le match, et qu’elle s’étaient rendu compte un peu tard qu’elles étaient capables d’enrayer une mécanique lyonnaise qu’elles ont trop subi. Après tout, elles sont passées de -26 (54/28) à -7 au final, sans que l’équipe de l’ASVEL ait vraiment levé le pied. Il faudra se souvenir de cela aussi samedi prochain, lors des retrouvailles pour la Coupe de France.

La tentation de l’abandon s’est peut être forgée dès les premières minutes : une belle circulation de balle en périphérie permet aux visiteuses d’inscrire le premier panier. Le score monte à 0/6, puis, au fil des échecs et des balles perdues sur lesquelles Pauline Salagnac, comme à son habitude, met beaucoup de rythme, il atteint 4/14 après quatre minutes. Mame-Marie est seule dangereuse, et les visiteuses déroulent leur jeu pendant que, de l’autre côté du terrain, les attaques villeneuvoises bafouillent. Heureusement, un dernier panier Lyonnais est parti après le buzzer et les 15/21 après les dix premières minutes, ne sont presque pas cher payées, surtout avec, déjà, huit balles perdues !

Et c’est à cette reprise que, sans diminuer les mérites d’une encore redoutable Rebecca Allen et de ses partenaires, les Villeneuvoises ont semblé renoncer. Résultat : un 0/14 en moins de quatre minutes qui sera enfin interrompu par deux triples de Joyce. Les dégâts n’en sont pas moins faits. Lyon est évidemment en pleine confiance et les deux Julie (Allemand et Van Loo) qu’un groupe de supporters belges était sympathiquement venu soutenir, trouvent trop facilement la cible. Fred tente plusieurs formules, et rentre même très vite la jeune Hélène Jakovlevic qui montre une belle application combative, défend avec sérieux sur Salagnac puis Mélanie Plust, et rentre un triple. Pauline se bat au rebond, le match tourne parfois au hourra basket… mais pas au bénéfice de l’ESBVA-LM. Sur un dernier panier au buzzer de Salagnac, la mi-temps est sifflée sur un consternant 28/50. Pour tous les observateurs, le match est plié, et on a l’impression que pour les joueuses aussi.

Mais pas pour Fred, qui, après Braine où il avait déjà peu apprécié le manque de combativité de ses joueuses, n’accepte pas une deuxième capitulation. Le vestiaire sera le théâtre d’une de ces explications qu’il vaut mieux ne pas détailler. Et si, au retour, Allen, puis Salagnac sur une nouvelle contre-attaque portent l’écart à ce qui sera son maximum (28/54), si, par périodes, les circulations restent approximatives, Jo, Mame-Marie et Nevena (d’un rageur coast to coast qui dit quelque chose) ressortent petit à petit la tête de l’eau. Et surtout, la défense s’intensifie et Valery Demory, qui sent lui aussi ce qui se passe, doit prendre un temps mort. Les visiteuses n’inscriront que dix points sur la période et, après un dernier panier de Laetitia, à 41/60 à l’ultime pause, on sait bien qu’il est trop tard pour que le résultat s’inverse, mais on peut se dire que l’ESBVA-LM montre quand même un visage plus digne.

Cette impression se confirmera dans les dix dernières minutes. Certes, le jeu se développe sans son ingrédient « suspens », mais Pauline, Jo et Nevena se libèrent et rentrent plus de triples (quatre) qu’au total des trois quarts temps précédents. La défense ne concède que six points, et, on se dit au final, en voyant un retour auquel, à la mi-temps, bien peu auraient cru, que s’il y avait eu cinq minutes de plus… Mais il n’y a pas, et à 59/66, le résultat brut est décevant. Juste moins déshonorant.

ESBVA-LM : 59 / Lyon-ASVEL : 66 (15/21  ; 13/29 ; 13/10 ; 18/6). 23 balles perdues à 14 Jo Gomis : 14 pts ; Mame-Marie Sy-Diop : 10 pts ; Nevena Jovanovic : 9 pts, 4 assistsJoyce Cousseins-Smith : 8 pts ; Pauline Akonga : 6 pts ; 8 rebonds ;  Laetitia Kamba : 5 pts ; Hélène Jakovljevic : 3 pts ; Marielle Amant : 2 pts ;  Aminata Konate : 2 pts ; Monique Ilouga-Mbey. Côté lyonnais, la plus en vue fut Rebecca Allen avec 19 points.

Autres résultats de la soirée : Mondeville 78/Nice 68 ; Tarbes 77/Roche-Vendée ; Nantes 76/Hainaut 89 ; Charleville-Mézières 75/Bourges 70 et Basket-Landes 83/Montpellier 91. Voir le classement .

Au strict plan « comptable », ce résultat n’est pas catastrophique, l’ESBVA-LM reste dans le duo de tête. Mais ce que cet enchaînement de deux matchs très inaboutis révèle est d’une autre nature. L’équipe, comme on a coutume de le dire aujourd’hui est « dans le dur« . C’est vrai au plan physique, que ce soit sous la forme de blessures ou d’une fatigue que la courte pause n’a pas permis d’effacer. Mais ces difficultés ont semblé contaminer le moral du groupe. Pourtant, on a pu voir samedi , au cours d’une deuxième mi-temps qu’elles ont donc nettement remporté, que, quand les filles y croient, elles peuvent rester compétitives. On a pu voir aussi que Joyce était à présent suffisamment intégrée au groupe pour décharger vraiment Jo de la charge de la mène et de lui permettre de s’exprimer sur l’aile. On a pu avoir la confirmation qu’Hélène était une véritable rotation. Bref que, même en attendant le retour de ses blessées, cette équipe pouvait toujours aligner des « cinq » de qualité. Elles ont paru, ce soir, être celles qui en ont douté, espérons que les vingt dernières minutes auront chassé ces doutes.

Hélène Jakovljevic : 14 minutes sur le parquet (son record en ligue) et une transition du Centre de Formation vers les « pros » qui se confirme

Est-ce que ce sera suffisant pour inquiéter mercredi, sur son terrain, une équipe de Sopron qui est deuxième de la poule d’Euroligue ? On mentirait en disant qu’on en est sûrs, mais une remontée dans les attitudes et dans la confiance mutuelle serait déjà un bon début d’amélioration, nécessaire pour aborder, jusqu’à la deuxième trêve internationale, une période durant laquelle, quand on est Guerrières, il faudra bien tenir.

Si les championnats des équipes du Centre de Formation reprennent le week-end prochain, Les U17 ESBVA-LM/ESBVA U17 disputaient ce weekend, à Saint-Amand, les 1/16ème et 1/8ème de finale de Coupe de France Samedi, victoire facile contre le FC Violaines 158 à 11 (!), et dimanche, nouvelle victoire contre Charleville Mézières 53/49. Elles se qualifient donc pour les quarts de finale.

Diminué, l’ESBVA-LM à lâché trop tôt et s’est repris trop tard. was last modified: janvier 8th, 2018 by Marc Delgrange

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