« Electrica » Olivia Epoupa

Elle nous a enchantés, épatés même, aux Jeux Olympiques de Rio, mais aussi ce mercredi lors du premier match de préparation au Palacium. Certains l’appellent la « meneuse de poche » en référence à sa taille, d’autres soulignent son énergie comme ce commentateur espagnol qui la surnommait « Electrica Epoupa« . Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne passe pas inaperçue. A 22 ans, elle composera cette saison, avec Virginie, une redoutable paire de meneuses pour les Guerrières de l’ESBVA-LM. Elle a eu beaucoup l’occasion, dans la presse de parler de sa formidable campagne Olympique. Laissons donc un peu de côté cet aspect le plus connu, pour essayer d’en savoir un peu plus sur Olivia Epoupa.

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Olivia Epoupa perforant la défense de Saint-Amand en match de présaison (Ph E. Roussel)

Olivia, souvent, quand on demande à une joueuse comment elle en est venue à faire du Basket, elle répond « Ben, j’étais grande, alors, naturellement, on m’a mise au Basket ». Dans ton cas, on peut imaginer que ça a été un autre point de départ.

C’est clair. L’origine de l’aventure, dans mon cas, c’est l’école. J’étais à Paris et j’avais une institutrice qui a repéré que j’avais des qualités et qui m’a poussée vers le sport en général (j’ai aussi fait du judo, de l’athlétisme, du roller etc.) et le Basket en particulier. Puis j’ai été repérée par Monsieur Fondeur, qui est l’ancien coach du PB18 (Paris Basket du 18ème arrondissement). Ensuite, je suis entré à la section sportive du Collège Gérard Philippe à Paris, puis le pôle espoir de la région parisienne, l’INSEP etc. Et c’est parti.

C’est parti et c’est donc arrivé chez les pros à 18 ans. Deux saisons à Basket-Landes, puis deux à Toulouse, qu’est-ce qui t’a fait venir à Villeneuve d’Ascq ?

Le projet sportif. L’ESBVA-LM c’est, quand on cherche à évoluer au plus haut niveau, la garantie de jouer à la fois l’Euroleague et le haut de tableau en LFB. Basket Landes, c’était déjà bien, mais là, c’est encore plus fort. C’est ce que je recherche.

Une envie de rebondir, après une saison décevante à Toulouse ?

A Toulouse, la première année était intéressante, mais la deuxième était plus frustrante pour l’équipe et pour moi parce que j’ai eu des blessures. Mais je dois dire que je n’ai pas, pour autant perdu mon temps. Le coach, Jérôme Fournier m’a fait progresser individuellement, m’a donné les clés, des responsabilités. Mais il était nécessaire pour moi d’évoluer à un meilleur niveau.

On savait tes qualités de vitesse, de vista, d’adresse. On a découvert aux J.O., une vraie Guerrière et, plus surprenant, une rebondeuse… d’1m65 (un rebond décisif notamment à l’ultime seconde contre la Biélorussie). Comment tu expliques ça ?

Ah, ça, Guerrière, c’est sûr. J’ai dit que j’avais fait d’autres sports, mais dans tous, je voulais absolument gagner. Quand je faisais du roller, c’était pas pour m’amuser, c’était pour être la première. C’est peut-être aussi cet esprit qui explique que je prends des rebonds. J’ai toujours envie de les disputer. Ça m’attire. Ça n’est pas forcément le cas de toutes les meneuses. Il arrive que ça me joue des tours parce, quand on le perd, la fille sur laquelle je dois défendre se retrouve dans mon dos et peut partir en contre-attaque. Là, il faut que je courre vite… Mais, au total, c’est vrai que je prends pas mal de rebonds, parce qu’en plus, je ne sais pas d’où ça vient, mais j’ai plutôt un bon feeling. Je « sens » où ça va tomber. Après, si je le prends au milieu des intérieures adverses, c’est clair qu’il vaut souvent mieux que je ressorte le ballon…

Il y a, cette année, dans l’équipe, deux meneuses avec de sacrées références, entre Virginie qui a un titre européen et des titres nationaux, et toi qui est meneuse titulaire de l’Equipe de France. Tu le vis comme une émulation ?

C’est un avantage pour l’équipe et une émulation pour moi. Je sais bien que, quand on arrive dans des équipes de très haut niveau, il y a une concurrence de très haut niveau. Je ne m’attends pas à jouer trente minutes à chaque match. Mais l’important c’est le rendement de l’équipe. En Plus, Virginie et moi, on est assez différentes dans le jeu. Je dirais qu’on est plutôt complémentaires.

Puisqu’on évoque tes nouvelles coéquipières, Y-a-t-il des filles que tu connais plus particulièrement dans l’équipe ?

A Basket-Landes et Toulouse, j’ai joué avec Valériane, Aby et Kamila. Et puis, lors des matchs ou des stages « Equipe de France », Marielle et Jo.

Et autour du terrain, tu connais le Palacium pour y être venue comme adversaire, qu’est ce que tu as pensé de son ambiance et, plus généralement, quelles relations tu as avec les supporters ?

C’est clair que c’est une salle dynamique, vivante. L’ambiance ici c’est quelque chose, et même quand on y est en tant qu’adversaire, c’est appréciable. Les Z’hurlants sont connus partout. J’ai connu de genre de rapports avec les supporters quand j’étais à Basket-Landes. A Toulouse c’était sympa aussi mais il y avait moins de monde. Ici, je m’attends au meilleur. De toutes façons, je pense que c’est une obligation, quand on est professionnelle d’avoir le souci d’aller rendre aux supporters tout ce qu’ils nous donnent.

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En défense comme en attaque, une activité impressionnante (Ph. E. Roussel)

(Image à la une : création « Break communication »).

« Electrica » Olivia Epoupa was last modified: septembre 15th, 2016 by Marc Delgrange

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