Fred : « Nous ne sommes pas encore au niveau qui doit être le nôtre cette saison »

Fin des matchs de préparation, place maintenant aux choses sérieuses, même si les Guerrières 2017/2018 ne commenceront leur championnat que le 7 octobre à Saint-Amand et l’Euroleague quatre jours plus tard au Palacium. Avant cela, le « trophée des championnes » vendredi soir à Paris contre Bourges. La question du jour est donc : « où en est l’équipe à l’issue de cette préparation ? » Nous l’avons posée à Fred Dusart, head coach de l’ESBVA-LM.

Fred, les filles ont repris il y a quatre à cinq semaines suivant les cas. Huit matchs de préparation : quatre victoires quatre défaites. On sait qu’il n’y a pas que ça qui compte dans une préparation, alors, quel est ton regard sur cette période toujours délicate ?

Paradoxal : on a eu du temps et on a presque toujours pu fonctionner avec l’intégralité du groupe ce qui nous avait manqué, par exemple, l’an dernier. Et pourtant, je termine cette phase frustré : on est encore loin du niveau qui doit être le nôtre cette saison. Quand on perd contre le Hainaut et Nice et qu’on gagne de justesse contre Roche-Vendée, trois équipes qui sont annoncées comme jouant le maintien cette saison, je ne peux être satisfait. Nous sommes un club de niveau européen et qui a le devoir de le rester.

Il y a quand même eu des matchs plus encourageants, comme le tournoi de Charleroi, et même le match contre Braine. Comment expliquer ensuite ces quatre résultats décevants ?

C’est vrai qu’on a montré qu’on pouvait hisser notre niveau, même s’il faut relativiser : en l’absence de plusieurs de leurs joueuses majeures, ce n’étaient ni le grand Prague ni le grand Ekaterinburg. Ce qui est sûr, c’est que, depuis quinze jours, on est en dessous. Pour des raisons géographiques évidentes, on fait tous les ans des matchs de préparation contre le Hainaut, je ne me souviens pas qu’on se soit jamais retrouvés à -19 à douze minutes de la fin. Peut-être que la préparation est vécue comme trop longue et y-a-t-il une baisse de motivation, mais je ne me contente pas de cette excuse. 

Et donc, comment tu expliques ?

Disons-le : on a montré des points faibles qui ne devraient pas exister. Si certaines joueuses confirment ce que j’attends d’elles, d’autres, au plan individuel, n’ont pas évolué au niveau qui doit être le leur. Contre Roche-Vendée, malgré un bon match de Pauline, on s’est fait « bouger » excessivement par Bernie N’Goysia dans la raquette. J’attends aussi de certaines qu’elles amènent plus de danger en attaque. Dans un sens, c’est ce qui permet de rester optimistes : on a une grosse marge de progression. On a recruté des compétitrices, des filles expérimentées. On sait que, par rapport à l’an dernier, on a perdu des talents, mais il faut au moins que les joueuses de cette année, qui n’en manquent pas non plus, évoluent à leur meilleur niveau. Il y a donc encore à travailler, à réfléchir, à ce que chacune se mette en situation d’être plus performante, de montrer son « potentiel » en termes de résultat. Mais on comprendra que je ne développe pas ici les approches individuelles. Je réserve ça pour les « tête à tête » ou le vestiaire.

Ca va être un début de saison particulier, avec, à l’Open, le symbolique « trophée des championnes », les deux premières journées de championnat sans l’ESBVA-LM, et un premier match au Palacium en… Euroligue ?  Est-ce que ça change quelque chose ?

Non. Je suis surtout content qu’on ait un peu plus de temps avant d’attaquer le championnat… puisque ce ne sera, pour nous, que le 7 octobre, et justement à Saint-Amand. On peut, j’espère, attendre des filles qu’elles soient revanchardes. Et puis le match de vendredi est important. D’abord parce qu’on entend jouer ce « trophée des championnes » à fond, et puis parce que ce sera un gros test contre une équipe de Bourges invaincue dans sa préparation et qui parait, elle, déjà très en forme. Je sais que les « z’hurlants » seront nombreux à Coubertin, j’imagine qu’ils viendront aussi à Saint-Amand. Et puis, bien sûr, il y aura la « première » au Palacium. Au-delà d’un plaisir retrouvé, les filles auront vraiment un gros besoin d’eux en ce début de saison. Mais, là-dessus, je ne me fais aucun souci.

L’an dernier, avec une préparation très perturbée par les blessures, tu avais déploré de ne pas avoir pu déterminer ton « cinq » avant le début du championnat. Est-ce que, cette année, tu y vois plus clair ?

Oui. Même si, bien sûr, dans ce domaine, rien n’est immuable. J’en profite pour préciser une chose : cinq filles démarrent le match, mais ce n’est pas forcément parce qu’elles sont les plus méritantes. Il y a des joueuses qui sont de très bonnes scoreuses en « sortie de banc », et c’est comme ça que j’ai envie de les utiliser, en tous cas à ce moment de la saison. Et puis je dois aussi anticiper les rotations.

Merci Fred, rendez vous vendredi soir pour un premier « top départ » d’une nouvelle saison pleine, on n’en doute pas d’émotions.

Merci à mon tour, avec un merci particulier à tous ceux qui nous épaulent : les supporters, les bénévoles, les partenaires du club, nouveaux et anciens, les collectivités… Bref, toute la « famille ESBVA-LM » que je suis vraiment content de retrouver.

 

Fred : « Nous ne sommes pas encore au niveau qui doit être le nôtre cette saison » was last modified: septembre 27th, 2017 by Marc Delgrange

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