L’ESBVA-LM serre les vis en défense, Alina plante les clous en attaque

« Alina ! Alina ! » scandait le Palacium à la fin de la rencontre. Enthousiasme justifié, même si on suit Fred qui, après le match, soulignait que la densité défensive de ses filles, notamment en seconde mi-temps, avait été la rampe de lancement du jeu rapide dans lequel s’était régalée l’ailière ukrainienne. Reste, et Fred le reconnut aussi que, sur les trente-sept points marqués (sans doute un record dans l’histoire du club… appel aux archivistes), Alina s’en était créée quelques uns toute seule.

Alina a renversé la défense adverse

Devant un Palacium, pour une fois pas tout à fait plein (et les absents eurent tort), on se sent d’abord soulagé de voir que le groupe des Guerrières est – à part Virginie, bien sûr – au complet. Manque également le Président, Carmelo Scarna, pour cause d’intervention prévue de longue date, mais l’absence la plus commentée alors par les habitués était celle de Bertrand Barré, plus connu sous le nom de Bebert, président des Z’hurlants et victime, la veille, d’une mauvaise chute (fracture du péroné + entorse de la cheville). On souhaite de prompts rétablissements aux deux Présidents, qui s’ils ont regardé la rencontre sur internet, ont du passer par toutes les émotions. Bebert a sans doute souffert de ne pouvoir se défouler en soufflant dans sa trompette, mais il a pu constater que tout son groupe a eu à cœur de pallier à son absence en encourageant deux fois plus fort.

Car, disons-le, si le score final est large, ce ne fut pas une promenade de santé durant plus de vingt-cinq minutes, le score étant, au mitan du troisième quart, de 37/36. Le début fut même inquiétant. Raïsa Musina et Magdalena Leciejewska à l’extérieur ainsi que l’immense Marija Rezan au rebond (elle en prendra 16 au total) amènent le score à 0/6, et Fred à prendre son premier temps mort après 1’45 de jeu. C’est Valériane qui relance les siennes d’un triple, avant qu’ Alina, en drive, ne commence un festival dont on imaginait pas alors l’ampleur et fasse passer les Guerrières devant (7/6 après 3’40). Le (nouveau) coach polonais, utilise l’avantage de taille de sa meneuse Mariona Ortiz (1m81). Après un passage par 9/9, un caviar d’Olivia sur Valériane, suivi d’un panier d’Alina, puis d’une passe décisive de la même sur Marielle permettent aux filles de Fred de paraître s’envoler (15/9), mais les rebonds permettent aux visiteuses de revenir à la pause (15/13).

Alina et Musina se répondent à trois points d’entrée. Aby (qui rentre de blessure et n’a qu’un entrainement dans les jambes) s’impose sous l’anneau, mais deux triples consécutifs et identiques de Marta Urbaniak font repasser les visiteuses devant. Après un nouveau triple de Valériane et une contre-attaque éclair d’Olivia, le score stagne longtemps à 27/26… jusqu’à ce que se produise, à 2’23 de la mi-temps, ce qu’on aurait pu craindre comme le tournant du match : sur un choc, Olivia reste au sol et se tord de douleur. Elle est évacuée en se tenant la cheville, et on s’inquiète, pour elle d’abord, et pour l’équipe privée ainsi de ses deux meneuses habituelles.

Certes, il reste Jo, et on connait tout son talent, y compris à ce poste… mais si… après… Certes, sur le banc, la jeune Hélène ne manque par de talent mais parait quelque peu inexpérimentée à ce niveau. Psychologiquement, le groupe accuse le coup, cafouille, et il faut de l’énergie défensive et deux lancers de Marielle pour atteindre la mi-temps sur un seul point de retard (29/30), et un gros déficit au rebond (15 à 30).

La pause vestiaire tombe donc à pic pour que tout le monde se remette la tête à l’endroit. Au retour, on est soulagé de voir Olivia faire quelques tests pendant l’échauffement avec Bechir (médecin) et Ludo (préparateur physique). Mais décision est prise de ne pas courir le risque. On craint le pire d’une reprise qui voit Musina en drive puis Rezan dessous donner cinq points d’avance à leur équipe. Mais Jo n’est pas seulement capitaine et meneuse, elles est aussi adroite à trois points. Et Alina aussi qui remet l’ESBVA-LM devant (35/34). Elles ne quitteront plus la tête. Sur une défense de zone, très dynamique, Jo vole un ballon à sa vis à vis, et on sent que la vague Guerrière commence à faire céder la digue polonaise. Chacune apporte sa pierre et, sur un contre de Jo qui envoie Alina en contre attaque, l’ultime pause est atteinte avec dix points d’avance (49/39).

La dernière période est plus sereine pour les supporters villeneuvois. Deux interceptions de Jo propulsent deux fois Alina, avant, plus tard, de délivrer un caviar à Mame-Marie. On regarde dorénavant le match pour son spectacle. Il est fait de farouche énergie, défensive et au rebond ; il est fait de Marielle qui gagne un duel contre Rezan ; il est fait surtout d’Alina dans tous les domaines, y compris très loin du cercle. La « top scoreuse » du soir montrant même qu’on peut être, à trois secondes d’intervalle, celle qui contre, puis, avec un relais de Jo, celle qui, de l’autre côté, termine la contre-attaque. Il lui reviendra, bien évidemment, de conclure le score : 75/55.

« cap’tain Jo » peut être fière de son groupe… et Fred sait qu’il peut compter sur « meneuse Jo »

Les spectateurs ont eu droit à un spectacle séduisant et à un résultat très important car, avec un goal average confortable et trois victoires d’écart, on imagine difficilement l’équipe polonaise repasser au classement devant l’ESBVA-LM. Voilà donc, à la pause, une concurrente de moins pour des Guerrières toujours en course pour poursuivre sur les terrains européens, restera à voir dans quelle compétition.

Fred : « On a un peu démarré en diesel, ce qui nous a pollué le début de match. Je l’avait vu dans l’échauffement [on peut attester qu’il l’avait dit avant NDLR]. Dès le début, il n’y avait pas de rythme, on n’était pas dans notre identité de jeu. C’est pour ça que j’ai pris un temps mort aussi tôt. Ça n’a pas suffi, et, à la mi-temps, la seule bonne nouvelle, c’est qu’on était encore dans le match (-1). En deuxième mi-temps, pour tenter de contrer leurs picks, je tente un coup de poker complètement improvisé en passant en zone. Normalement, c’est une défense que je n’aime pas, on ne l’a d’ailleurs pas travaillée, car elle peut endormir, mais là, au contraire, ça a créé de la solidarité défensive et réveillé l’implication des joueuses. Quand, après, on est revenu en indiv, on était dans une toute autre dynamique. On était solidaires au rebond et, avec Jo qui relançait le jeu, nos transitions rapides se sont multipliées. Je n’ai fait qu’un changement sur toute la deuxième mi-temps car le cinq tournait bien ».

Sur Olivia, Fred attend le verdict médical : « J’espère que ce n’est pas trop grave. Directement, je ne me fais pas de souci, je sais que Jo est aussi une excellente meneuse, elle l’a encore montré ce soir, mais, après la blessure de Virginie, on n’a plus beaucoup de solution de remplacement après… Attendons le verdict médical ».

ESBVA-LM : 75 / CCC Polkowice : 55 (15/13 ; 14/17 ; 20/9 ; 26/16) 26 points de contre attaque (contre 2), 22 points du banc (contre 9) ; Alina Iagupova : 37 pts ; Olivia Epoupa : 2 pts ; Kamila Stepanova ; Jo Gomis : 9 pts, 8 passes décisives, 5 interceptions ; Valériane Ayayi : 10 pts, 9 rebonds ; Mame-Marie Sy Diop : 4 pts ;  Marielle Amant : 11 pts ; Liudmyla Naumenko ; Aby Gaye : 2 pts ; Hélène Jacovljevic.

Autres résultats de cette sixième journée : Orenburg 59/Ekaterinburg 88 ; Salamanque 63/Bourges 50. Antakya 74/Sopron 66. voir classement.

En lever de rideau, dans le championnat des Centres de Formation, l’ESBVA-LM a battu Mondeville 63/59.

Avant le repos, place maintenant au championnat, samedi, contre Nantes et mercredi pour la revanche contre Mondeville. Deux victoires indispensables pour rester en haut du classement, et deux occasion, au Palacium, d’aller finir l’année 2016 en remerciant les Guerrières.

Tous crédits photos : Emmanuel Roussel

L’ESBVA-LM serre les vis en défense, Alina plante les clous en attaque was last modified: décembre 15th, 2016 by Marc Delgrange

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