Palme d’or du scénario d’accès à une finale : ESBVA-LM !

Le festival de Cannes approche et, s’il y avait une catégorie « Basket et Stress », on connaîtrait déjà la palme d’un suspens digne, pour les amateurs de basket américain,de la « March Madness ». Elles nous en ont beaucoup fait cette année, en matière de scénario improbable (y compris mercredi au match aller), mais là, elles ont encore élevé le niveau ! Mener de 23 points (38/15) au milieu du deuxième quart temps, et encore de 19 à la fin d’une première mi-temps formidablement maîtrisée. Prendre 7/25 en dix minutes, se faire passer devant à 1’35 du terme, reprendre une dernière fois l’avantage d’un point à huit secondes de la fin, et obliger tout le monde à attendre, les fesses serrées, le résultat d’un dernier shoot de Kaleena Lewis qui trouva… le cercle. On frôle le délit de mise en danger des cardiaques, en même temps qu’on touche à la plus belle spécificité du Basket.

Ça valait bien un petit coup de percu pour Vir et Jo chez les fidèles « z’hurlants »

Mais il aura été dit que, sur cette demi-finale, tant au premier qu’au deuxième match, les dieux ou le sort, comme on veut, étaient Villeneuvois. Charleville aurait pu tout aussi bien gagner les deux rencontres, et l’aurait sans doute fait si elles n’étaient pas tombées sur une équipe de Guerrières qui a su encaisser les plus gros chocs mentaux, notamment dans les dernières secondes.

Saluons donc d’abord la qualité et la combativité du groupe de Romuald Yernaux, qu’on a vu, à l’approche de la mi-temps, complètement à la dérive, et qui a su revenir dans la rencontre. On a coutume de dire que pour un grand match il faut deux grandes équipes. Pour deux grands matchs, on a eu deux fois deux grandes équipes.

La soirée était belle, dès le départ, d’un Palacium archi comble (certains spectateurs ont du rentrer chez eux suivre le match sur SFR2), archi animé, y compris par une trentaine de carolomacériens enthousiastes, conduits par leur mascotte. Seule ombre au tableau, Marielle, victime d’un choc au genou au match aller, qui ne peut que vivre la rencontre du banc. Mais comme il se doit dans les équipes solidaires, les trois autres filles du secteur intérieur (40 points à elles trois) se sont arrachées pour compenser.

Liudmyla pouvait conduire le claping et tout le Palacium pouvait chanter « bon anniversaire » à Valériane. Mais le chant qui dominait ce soir c’était « On est en finale ! » Oui, pour la deuxième fois de son histoire (après 2015) , l’ESBVA-LM est en finale du championnat. Contre qui ? Eh bien il faudra attendre mardi soir puisque, vendredi, Montpellier a battu Bourges à Bourges, s’offrant une « belle » dans l’Hérault.

On passera rapidement sur un premier quart temps totalement dominé par les Villeneuvoises. C’est Mame-Marie, au rebond sur un tir de Virginie, qui ouvre le score après quelques secondes, et c’est la défense, avec, comme à l’aller, un contrôle constant d’Alina sur Amel Bouderra qui récupère des ballons. Après trois minutes, Romuald Yernaux doit demander son premier temps mort à 13/4. Les intérieures villeneuvoises sont adroites à l’extérieur, Fred fait tourner et la première pause est atteinte sur un tranquille 26/11 avec, déjà, treize points de Mame-Marie, sans doute revancharde d’un match aller décevant. Et ça repart sur les mêmes bases. Olivia est à un doigt, d’entrée, de voler le ballon à sa vis à vis. La dynamique des Guerrières ne se dément pas, la défense est intraitable et, au deuxième temps mort pris par Charleville après une contre attaque à trois contre zéro, le score est de 38/15 et on se demande alors ce que sera le tarif final de la punition pour les visiteuses.

Ce qu’on ne sait pas, c’est que cet écart est l’apogée du premier acte de cet incroyable scénario. Certes, on ne mesure pas, d’entrée, l’ampleur du virage après le premier triple de Bouderra, et quelques maladresses villeneuvoises. Sauf Fred qui, à moins d’une minute d’intervalle (à 38/21 puis 38/25), grille ses deux temps morts. Recalage efficace : malgré un triple de Lewis, nos intérieures enchaînent les paniers et la mi-temps est atteinte sur un 47/28 qui laisse penser que les villeneuvoises ont laissé passer le petit orage.

A la mi-temps, on se dit que, quand les filles jouent comme ça, il ne peut pas leur arriver grand chose, mais ceux qui connaissent l’équipe des Flammes savent que c’est un groupe qui porte son nom et peut s’enflammer à tout moment, si on laisse se remettre en confiances leurs artilleuses. C’est pourtant Valeriya Berezhynska, laissée trop seule, qui ouvre le bal de loin. Bouderra enchaîne deux triples, et Fred, après trois minutes, est poussé au temps mort après un 3/10. Mais ce qui marquera surtout la période, se sont les balles perdues des locales (9 sur le quart temps !). Deux autres triples de Charleville, autant d’échecs des nordistes et, sous les yeux éberlués – et inquiets – du Palacium, à l’ultime pause, les guerrières ne préservent leur avance que d’un souffle : 54/53.

C’est donc parti pour un money time étouffant et, même si on a pu voir à plusieurs reprises que, dans cet exercice, Jo et ses partenaires sont souvent costaudes, la physionomie des choses depuis plusieurs minutes fait souffler un gros vent qui n’est pas encore de panique mais qui pousse à l’inquiétude le Palacium. Les z’hurlants n’en continuent pas moins d’encourager « leurs » Guerrières, et c’est parti avec un panier de très loin de Valériane qui tenait à marquer ainsi son anniversaire, suivie de Jo, toujours derrière la ligne. + 7, on respire. Pas pour longtemps. Les visiteuses reviennent à 3 longueurs, puis, sur un triple de Lewis, à 1. Les villeneuvoises laissent quelques points aux lancers. Olivia arrache rageusement un ballon en défense. L’écart repasse par +5, refond sur un nouveau triple de Lewis et, à 1’35 de la fin, sur un 3 points de Berezhynska, pour la première fois du match, les Flammes Carolo passent devant (67/68).

Et « super Alina » entra en action…

Dans ces cas là, que fait-on ? Facile : on donne les clés du camion à « super Alina » (que Fred a eu la sagesse de faire reposer un peu). Première action : carton plein : 2+1+ cinquième faute d’Alicia De Vaughn ! Mais il reste 1’25 et on n’en a pas fini avec les balles perdues. Charleville utilise, à 1’11 son troisième et dernier quart temps (peut être manquera-t-il dans les neuf dernières secondes). A 35″ du terme, les Flammes, poussées par leur cop, repassent devant (70/71). Alina repart à l’assaut, conclut mais… écope d’une technique pour avoir retouché le ballon après le panier. Tout le monde est à égalité à 72. Sur la remise en jeu, la défense nordiste tient et gagne un « marcher ». Dernier drive d’Alina, deux lancers. Elle n’en convertit qu’un. C’est suffisant… si les visiteuses ne concluent pas sur les 8″9 qui restent. L’ultime tir échouera. C’est au bout de cet incroyable scénario que l’ESBVA-LM disputera la deuxième finale de championnat de son histoire.

5 h, l’heure du thé dansant…

ESBVA-LM : 73 / Flammes Carolo Ardennes : 72 / (26/11 ; 21/17 ; 7/25 ; 19/19).  30 rebonds à 22 ; Alina IAGUPOVA : 22 pts, 6 interceptions ; Mame-Marie SY DIOP : 17 pts ; Kamila STEPANOVA : 14 pts ; Aby GAYE : 9 pts ; Valériane AYAYI : 3 pts, 7 rebonds ; Jo GOMIS : 3 pts ; Olivia EPOUPA : 3 pts ; Virginie BREMONT : 2 pts, 6 passes décisives ; Liudmyla NAUMENKO. Côté Charleville, à noter les 22 pts d‘Amel BOUDERRA et les 17 pts de Valeriya BEREZHYNSKA.

Et puis, autre satisfaction de l’après-midi : les U20 du Centre de Formation, sont allées s’imposer à Mondeville (56/64), validant ainsi officiellement leur ticket pour le final four national. Quand aux U18, elles ont aussi gagné contre Arras (55/43), dans un match (leur dernier de la saison), certes sans enjeu de classement, mais qui offre un nouveau week-end à trois victoires pour l’ESBVA-LM !

Toutes photos de l’article : Françoise Masquelier, sauf la dernière, importation directe de Normandie…

Palme d’or du scénario d’accès à une finale : ESBVA-LM ! was last modified: avril 30th, 2017 by Marc Delgrange

Comments are closed.

Translate »