Quel gâchis !

On aimerait leur trouver des excuses, car peut les aimer, même dans la défaite. Mais là, on est franchement agacés. Même des cadettes on leur en voudrait de laisser échapper ainsi un match quasi gagné à la mi-temps.

Alors bien sûr, on peut, à juste titre, parler de la fatigue. On doit aussi saluer, pas seulement par fair-play, mais parce qu’elles le méritent amplement, la combativité des Tarbaises. Mais quand même.

On ne peut gagner un match à ce niveau en ne jouant qu’une mi-temps, et même si les jambes fatiguent, la lucidité aurait pu demeurer, et permettre à une équipe championne de France en titre, qui, depuis trois saisons est habituée aux chocs de haut niveau en Euroligue, d’assurer une victoire, avec 16 points d’avance à la mi-temps.

On extraira quand même de ce bilan décevant, Laetitia, auteure d’un match énorme, et donc, pour tout le monde, une première mi-temps en mode « défense XXL », mais voilà…

Laeti irréprochable, n’a pas suffi

On aimerait rester sur la bonne impression de ce premier quart temps, avec certes, un peu de maladresse au départ qui a permis aux locales de mener un court moment (7/2, sur un panier de Mame-Marie), mais où on a été émerveillé par la qualité défensive et, déjà par quelques réussites au shoot, notamment de Laetitia. A deux minutes du repos, toutes les joueuses étaient rentrées, et c’est donc tout le groupe qui peut être crédité du satisfaisant 9/20 pour l’ESBVA-LM. On se dit qu’avec une défense comme ça, il ne peut rien leur arriver.

On aimerait rester sur la rassurante impression d’un deuxième quart temps durant lequel les locales ont complété, en cumulant avec le premier, une séquence de dix minutes sans rien marquer. Certes, on devait admettre que, outre la qualité de la défense, elles faisaient preuve de maladresse, parfois même de malchance. Certes, on a vu l’écart se réduire légèrement  (13/28) aux cinq minutes quand Fred demande son premier temps mort. Certes, les villeneuvoises prenaient parfois des tirs un peu trop rapides, rataient dessous, mais un dernier triple de Laetitia confirmait qu’elles emportaient aussi cette période. Alors, on ne pouvait imaginer, à 20/36, une autre issue qu’une victoire sans stress.

Et même si on les avait vu revenir tard du vestiaire pour l’échauffement, la reprise n’inquiétait pas. Jo, puis Pauline dessous repartent de l’avant. C’est là que les Guerrières auraient pu – auraient dû – tuer le match. Les tarbaises ne l’ont pas voulu – bravo à elles, c’était ce qu’elles devaient faire – mais on a eu l’impression que les villeneuvoises non plus. L’équipe s’installe d’abord dans la gestion. Ça semble suffire. Malgré les hooks d’Aby, un beau mouvement d’attaque qui démarque à l’opposé, et un triple d’ Angela Bjorklund, l’écart est à peine moindre (+13 après 4’30), quand Fred, qui a peut être compris le premier, prend un temps mort. On a pas vu venir la panne, mais on pouvait voir les signes avant-coureurs. Des ratés même dessous, des pertes de balles, une défense moins présente qui laisse Bjorklund, Christelle Diallo et surtout Adja Konteh enchaîner les paniers. +11 ; +9 ; +6 ; +4 +2. Certes, il y a ce dernier triple de Virginie, mais à 38/43, on n’est plus du tout dans le même match. Les Guerrières, totalement sortis de leur jeu collectif, abonnés aux tentatives individuelles, n’ont marqué que sept points.

On croit, à l’entame de ce qu’on croit être la dernière période, que la leçon a porté. Virginie vole un ballon. Peu après, elle rentre un triple. Marielle s’impose à l’intérieur. L’écart et remonté à dix points, on se dit que, malgré tout, ça va le faire. Erreur. Le TGB ne craque pas. Nevena et Laetitia redonnent un peu d’air. Mais les tirs extérieurs se sont enfuis et la défense laisse des couloirs ouverts. A une minute de la fin, l’avance villeneuvoise n’est plus que de deux points et l’ESBVA-LM perd le ballon sur remise en jeu sous son panier.  Deux lancers pour une équipe tarbaise qui aura réalisé, au total, un 12/13 dans l’exercice (contre 9/13… trois unités d’écart) 55/55, plus rien ne bougera. Prolongations.

Elle commence par un festival de ratés des deux côtés, jusqu’à un hook de Diallo à l’intérieur. Mame-Marie puis Nevena entretiennent l’espoir. La défense se remet à gagner des ballons et on se dit que ce qui s’avère possible en prolongation eut pu permettre de l’éviter au cours des deux quarts temps précédent. Mais on remarque aussi, en plusieurs occasions que la combativité (et, c’est sans doute vrai, la fraîcheur), ainsi que l’agressivité offensive, sont tarbaises. Une fin comme celle là est toujours une loterie, mais, au fond, la victoire finale (64/62) est allée à l’équipe qui l’a le plus voulue, et c’est, sportivement, moral.

Targes-Gespe-Bigorre : 64 / ESBVA-LM : 62 a.p. (9/20 ; 11/16 ; 18/7 ; 17/12 : 9/7). Laetitia Kamba : 16 pts, 8 rebonds, 3 interceptions, 26 d’éval (37′) ; Virginie Brémont : 12 pts (22′) ; Nevena Jovanovic : 9 pts (29′) ; Jo Gomis : 7 pts (34′) ; Mame-Marie Sy-Diop : 6 pts (35′) ; Marielle Amant : 4 pts (14′) ; Pauline Akonga : 4 pts (18′) ; Joyce Cousseins-Smith : 3 pts, 5 assists (29′) ; Aminata Konate 1 pt (7′) (Hélène Jakovljevic, pour cause de bac blanc lundi était rentrée dans le nord). Côté tarbais : le double double (20 pts, 10 assists) d‘Adja Konteh et les 11 rebonds de Michelle Plouffe.

Les Guerrières ont gâché d’une façon particulièrement agaçante une occasion de conforter très solidement leur deuxième place. Elles y sont toujours (Voir classement) puisqu’elles avaient deux points d’avance. Elles ont donc toujours leur destin entre leurs mains. Mais il est clair qu’après ce match, elle n’ont plus de droit à l’erreur, et elles ont obligation de nous prouver que le match de Tarbes était un accident isolé. Ca commence samedi soir au Palacium contre Mondeville.

Rappel des résultats de samedi soir : Roche-Vendée 60/Lyon 84 ; Hainaut 65/Montpellier 69 ; Nantes 72/Basket-Landes 57 ; Mondeville 62/Charleville-Mézières 82 ; Nice 60/Bourges 75.

Quel gâchis ! was last modified: mars 11th, 2018 by Marc Delgrange

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