Trois amazones « belles et bien » en mode « Guerrière et grand cœur »

Laurence Blankaert, Hélène Carrez et Amandine Trollé sont trois jeunes femmes qui composent l’équipe sel-vitabella-3Vitabella, laquelle s’est lancée le défi de participer, en 2017, au raid « Amazones ». Pour vivre une aventure passionnante, mais aussi et surtout pour donner de la visibilité et aider financièrement l’association « Belle et Bien » qui mène une action originale et utile auprès des femmes soumises à de lourds traitements anticancéreux. Nous avions croisé Hélène (ancienne joueuse de l’ESBVA) et Laurence lors du « petit déjeuner des partenaires » auquel elles avaient été conviées, l’ESBVA-LM ayant décidé de les soutenir. Rendez-vous fut pris dans l’arrière salle d’un bar « branché » de la rue des Postes pour en savoir plus sur leur engagement et leur aventure.

Commençons par le commencement : c’est quoi le raid des Amazones ?

Hélène : C’est un raid-aventure, par équipes de trois filles, qui se déroule chaque année dans un pays différent (On est impatientes de savoir où se tiendra l’édition 2017. On croit avoir un indice mais chut !). On y enchaîne, pendant sept jours, de la Course, du VTT, du Canoë, de la Course d’Orientation, du Tir à l’Arc (« Amazones » oblige).

Et comment vous vous êtes retrouvées là dedans ?

Laurence : C’est d’abord, une affaire de passion, et donc d’envie. J’avais vu, à la télé, en 2015, un reportage sur ce raid qui se déroulait alors à Bali. J’avais envie de vivre des émotions comme ça, de vivre des choses profondes. Je me suis renseignée. J’en ai parlé à des amies : elles trouvaient ça super, mais de là à s’engager… J’ai quand même pu monter une équipe avec Amandine, que j’ai rencontrée à la salle de sport, qui est passionnée de ce genre d’aventure, d’adrénaline, et qui a déjà fait le raid en 2014. Il y en avait alors une troisième. C’est après que j’ai rencontré Hélène, une amie d’Amandine. Ça l’intéressait aussi, mais comme notre équipe était complète, elle pensait monter la sienne. Puis la troisième nous a dit un jour « je sens que je ne vais pas y arriver » (il faut dire que physiquement, c’est très exigeant) alors on a récupéré Hélène. A l’époque, l’objectif était de faire l’édition « Californie », en 2016. Mais on avait trop peu de temps pour trouver les financements. Là, on s’y prend plus tôt.

Et donc, vous faites ça au bénéfice d’une assoc. qui s’appelle « Belle et Bien ».  Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur son action ?

Hélène : C’est une association présente dans vingt-sept hôpitaux et qui fait partie du programme international « Look good feel better » (se sentir belle fait se sentir mieux) qui agit dans vingt-six pays. Elle organise des ateliers de soins esthétiques pour les femmes qui se battent contre des cancers.

Laurence : On n’y pense pas toujours, mais les conséquences des traitements, de la chimio, se font sentir aussi sur l’apparence. Ça donne à la peau un aspect parcheminé, et sur les cheveux, les sourcils, chacun sait ce qu’il en est. Il y a un effet terrible sur le moral de ces femmes déjà en souffrance. L’idée est de s’en occuper, de leur réapprendre à s’occuper d’elles, de leur faire retrouver confiance et estime d’elles-même, tout en partageant un moment de bien être.

Hélène : Quinze marques de cosmétiques offrent des produits, et des esthéticiennes donnent bénévolement de leur temps. Mais l’association manque de moyens et de visibilité. C’est pourquoi, nous nous lançons, par le moyen de ce projet, dans une recherche d’argent.

Et le lien entre « Vitabella » et « Belle et bien », c’est venu comment ?

Laurence : Faire ce raid en étant liées à une cause humanitaire n’est pas une obligation, mais, selon nous, ça donne du sens.  En juillet 2015 j’ai perdu une amie, Nathalie, victime d’un cancer et, pendant qu’elle était en soins, je me souviens qu’elle m’avait confiée un jour que, souvent elle se sentait « moche ». J’avais compris que s’occuper un peu d’elles, de leur apparence, avait un énorme impact sur le moral de ces femmes. On a découvert ce que faisait « Belle et Bien » et ça nous a intéressées.

Hélène : On a voulu partager à travers le sport. J’ai eu une amie dont la sœur jumelle a été soignée aussi pour un cancer et a eu la chance de pouvoir bénéficier de ce genre d’accompagnement. Elle disait à quel point cette « parenthèse douceur » qui durait à peu près deux heures, lui faisait du bien. Elle oubliait sa misère, retrouvait de la force dans ses relations avec son entourage. Ça l’a beaucoup aidé à vivre sa maladie.

Le lien avec l’ESBVA-LM, c’est parce que tu as joué au club, Hélène ?

Hélène : Pas du tout. C’est vrai que je faisais partie de l’équipe qui a gagné la montée en ligue. On jouait alors à Voltaire avec Yannick Leborgne, C’est vrai aussi que je reste en relation avec des basketteuses ou ex-basketteuses, dont certaines qui ont joué à Villeneuve, comme Géraldine ou Clémence (Beikes), mais le contact Vitabella/ESBVA-LM s’est fait totalement indépendamment de ça. D’ailleurs, ça n’est pas moi qui l’ai initié.

Laurence : Pas moi non plus. Bien que je ne puisse pas me prétendre particulièrement « sportive », j’ai fait aussi un peu de basket dans le temps, mais, là encore, ça n’a rien à voir. En fait, c’est Amandine qui a rencontré Carmelo Scarna, le Président du Club dans la salle de gym où on s’entraîne, et elle lui en a parlé. Il a été tout de suite ouvert à ce que l’ESBVA-LM nous donne un coup de main en termes de notoriété et de contacts avec des partenaires susceptibles d’être sensibilisés à cette initiative alliant performance et générosité.

Hélène : Il y a une logique parce que ce qui nous a plu, dans ce raid aventure, outre l’adrénaline, c’est aussi que c’est le seul qui soit exclusivement réservé aux femmes, d’où le nom de « raid des Amazones ». Naturellement, ça fait le lien avec l’association « Belle et Bien », mais aussi avec « l’excellence au féminin » de l’ESBVA-LM. Nous n’avons rien contre les hommes (précise-t-elle en saluant son compagnon qui venait de se joindre à nous…), mais aujourd’hui, l’excellence au féminin a, hélas, encore besoin de se démontrer et de se montrer. Vous le savez aussi.

Donc, vous avez besoin d’argent ?

Laurence : Oui, une partie servira, bien sûr, à financer notre projet. On n’imagine pas toujours la somme des frais induits par ce genre d’organisation : inscriptions, transfert sur place, mise à disposition du matériel sportif, ravitaillement, hébergement, organisation et logistique de la course, tenue vestimentaire obligatoire aux couleurs des partenaires du RAID, assurances, assistance médicale…sans parler, bien sûr, des billets d’avion. On estime le total de nos besoins à environs 14 000 euros. Nous cherchons dans de multiples directions. Nous participerons, évidemment, en partie nous-même au financement, mais la totalité, c’est impossible. Ce que nous espérons, c’est, d’une part, boucler le budget le plus tôt possible afin de se consacrer à autre chose (toute la partie recherche de financement nous prend énormément d’un temps déjà serré…), et, d’autre part, d’en recueillir plus pour en reverser un maximum à « Belle et Bien ». On s’est promis déjà de verser 20% de ce qu’on récolte à l’association.

Hélène : Alors on lance un appel à tous les amoureux de l’ESBVA-LM et du sport féminin, et en premier lieu aux partenaires du club que notre aventure et cette cause intéressent : venez vous engager à nos côtés. Contactez nous. Nous pouvons vous offrir une visibilité sur notre équipement. Une précision qui n’est pas sans intérêt : le montant que vous engagez pour l’association ouvre droit à déduction fiscale.

Vous avez dit que c’était « physiquement très exigeant ». Peut-on dire que le raid « Amazones », c’est un truc de « Guerrières » ?

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Hélène, Laurence et Amandine

Hélène : C’est un raid très dur : Même si c’est toujours dans des paysages magnifiques. Il faut une préparation du niveau de celle d’un triathlète. J’ai beau avoir vécu des entraînements de Basket à un bon niveau, ce sont, là, des efforts très différents…

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Les mêmes, dans l’ordre inverse, et avec le sourire…

Laurence : On s’entraîne comme on peut (on a toutes un métier. Je suis infirmière libérale, ce ne sont pas des horaires faciles, sans parler des enfants). On compense en s’entraînant plus dur. On se force à être souriantes sur les photos, mais c’est parce qu’elle nous permet une pause… Ce midi, j’ai couru douze kilomètres. On s’oblige à participer à au moins une épreuve par mois. On a fait les 18 kilomètres de Fretin en novembre, les 15 kilomètres des terrils en décembre… On peut le dire : on en « bave ».

Hélène : Ça nous aide aussi moralement  que des structures et des gens nous aident de diverses façons. Décathlon (Btwin), l’entreprise pour laquelle je travaille, nous fournit les VTT. On a un médecin qui a officié sur le « rallye des gazelles ». On a la chance d’avoir un coach, Manuel Bettaver – on le salue – qui s’occupe de nous bénévolement (A propos, on cherche quelqu’un qui pourrait nous aider un peu en tir à l’arc). 

Justement, pour ceux qui voudraient vous aider, comment faire, pratiquement ?

Laurence : Le plus simple, c’est de me contacter (pour des raisons tenant à nos occupations professionnelles respectives, je suis la plus facilement « réactive ») au  06 23 12 30 74 ou laurencedeneuf@hotmail.fr, et on en parle. Mais, si vous êtes  au Palacium, ce jeudi 15 décembre, pour le « tournoi des partenaires » de l’ESBVA-LM, on y sera aussi : on a monté une équipe avec des copains. N’hésitez pas à venir nous encourager… et surtout discuter avec nous. Vous verrez : comme les « guerrières », on est des amazones plutôt souriantes…

Trois amazones « belles et bien » en mode « Guerrière et grand cœur » was last modified: décembre 15th, 2016 by Marc Delgrange

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