Une élimination qui laisse quelques regrets

Les Guerrières n’ont pas réussi l’exploit d’être la première équipe cette saison, toutes compétitions confondues à s’imposer dans la particulièrement bouillante salle d’Antakya. Dernier club français en course sur une scène européenne (après l’ élimination de Bourges – que nous saluons fraternellement – mercredi soir en huitième de finale d’Euroleague), l’ESBVA-LM quitte l’Eurocup au stade des quarts de finale. Certes, perdre contre cette très forte équipe d’Hatay n’est pas, en soi, honteux, mais les joueuses, le staff et les supporters ont certainement, après ce match quelques regrets. La tache était rude, mais, comme on dit « Il y avait sans doute la place ».

Et c’est vrai que, par moments, Jo et ses partenaires ont fait, non seulement jeu égal, mais parfois même dominé le club turc. Et tout s’est sans doute joué dans deux temps faibles : la toute fin du match aller et le premier quart temps du match retour.

Ils étaient nombreux, les supporters de l’ESBVA-LM, à s’être rassemblés au Palacium pour vivre ensemble ce quart de finale retour sur écran télé. Même si leur première déception a été la difficulté de suivre les événements à travers une retransmission pour le moins chaotique, ils y croyaient. Ils ont d’abord cru cet espoir chimérique, mais la suite de la rencontre leur a prouvé qu’il n’en était rien.

Jo (ici face à Ben Abdelkader) encore au top à Hatay, où elle a disputé un joli mano à mano avec Leïlani Mitchell, son ex coéquipière

En effet, les débuts de l’ESBVA-LM  prirent des allures de catastrophe. Sur la première attaque, Courtney Paris remettait les deux formations à égalité sur l’ensemble des deux rencontre, puis faisait prendre l’avance à son équipe, Hind Ben Abdelkader enfonçant le clou d’un triple. 7/0 après 1’10 de jeu, on pouvait craindre le pire, et ce n’est pas le lancer franc réussi par Laetitia qui pouvait rassurer. A 10/1, Fred prenait son premier temps mort après 2’45 de jeu, et si Pauline rentrait enfin un panier « dans le jeu », Leïlani Mittchell, quasi muette à l’aller, commençait un scoring qu’on ne soupçonnait pas alors. Marielle et Nevena grappillaient quelques points, mais la première pause survenait sur un 30/12 qu’on avait toutes raisons de croire rédhibitoire, avec, déjà, 10 points de Mitchell.

Leïlani Mitchell et ses 30 pts a fait la différence

Si on doit retenir du positif dans cette rencontre, c’est sans doute la capacité de se groupe à ne pas se laisser aller, à se révolter, qu’on citera en premier. Dès la reprise, Nevena et surtout Cap’tain Jo se rebiffent, et, après près de cinq minutes de jeu, l’écart s’est sensiblement resserré (37/27, soit un 7/18 sur le demi-quart-temps), obligeant Aikaterini Chatzidkai à prendre temps mort. Ca commence à rater côté Hatay, Pauline et Marielle continuent à scorer et, à 1’08 de la mi-temps, sur un  nouveau panier de Jo, les Guerrières ont réalisé une incroyable remontée qui les ramènent sur les talons des turques : 39/35 soit, compte tenu du match aller, deux points seulement de retard. Mitchell et Ben Abdelkader redonneront un peu d’air à leur équipe, mais à 42/35 au passage u vestiaire, tout parait encore possible.

Mais à la course poursuite on laisse un peu de gomme sur le parquet et surtout, Katsiarya Snytsina, pas trop en vue jusque là, rentre, dès la première attaque, un triple qui fait mal au moral. Ces dix points resteront jusqu’aux cinq minutes (56/45 sur un panier de Mame-Marie) le pivot autour duquel le score oscillera. Puis les locales, après un nouveau triple de Ben Abdelkader s’envoleront. Pas super haut, mais irrésistiblement. Malgré deux réalisations de Marielle sur passes de Nevena, la dernière pause est atteinte sur un 69/53 qui laisse peu d’espoir.

Peu d’espoirs aux observateurs, peut-être, mais Fred et sa bande vont à nouveau montrer du caractère. Jo et Mame-Marie, une nouvelle fois, ramènent leur équipe aux dix points et la coach d’Hatay est à nouveau obligée de prendre un temps mort. Mitchell et Ben Abdelkader relancent les leurs, d’autant que, côté Villeneuvois, on se montre trop inconstant aux shoots extérieurs. Certes, on saluera un triple de Nevena, puis un de Virginie, mais c’est insuffisant, d’autant qu’en face, Mitchell continue son festival jusqu’au bout. Bout arrivé à 84/71, un score qu’assez peu d’équipes ont réussi là bas. Dans ce match les villeneuvoises auront su gagner deux quart-temps, et l’ont même emporté sur le total des 2ème, 3ème et 4ème quart temps. Mais il y avait eu ces dix premières minutes.

Hatay : 84 / ESBVA-LM : 71  (30/12 ; 12/23 ; 27 /18 ; 15/18). 29% à 3 points (contre 38 à Hatay), 28 rebonds contre 40, 55% aux lancers francs contre 87%. Jo Gomis : 18 pts (36′) ; Mame-Marie Sy-Diop : 14 pts (28′) ; Nevena Jovanovic : 13 pts, 5 rebonds (34′) ; Marielle Amant : 12 pts (23′) ; Pauline Akonga : 8 pts (15′) ; Virginie Brémont : 5 pts, 5 rebonds, 7 assists (23′) ; Laetitia Kamba : 1 pt, 5 rebonds (20′) ; Joyce Cousseins-Smith (13′) ; Aminata Konate (5′) ; Hélène Jakovljevic (2′). Côté Hatay, 30 points de Leïlani Mitchell, mais aussi 19 de Hind Ben Abdelkader et le double double de Courtney Paris (16 pts, 11 rebonds). Clin d’œil, on notera que la top scoreuse de chaque équipe, Leïlani d’un côté, Jo de l’autre, sont deux ex-coéquipières chez les demoiselles d’Arras.

Pour les Guerrières, reste à présent à se concentrer sur l’objectif principal du club : le championnat et son titre à défendre. Le premier challenge est clair : garder au moins l’actuelle deuxième place de la saison régulière, ce que le club n’a jamais réalisé. Ça commencera dimanche à Tarbes par un match qui s’annonce très difficile où il faudra mettre l’énergie des meilleurs moments de cette double confrontation d’Eurocup… En évitant, cette fois, les temps faibles.

 

Une élimination qui laisse quelques regrets was last modified: mars 8th, 2018 by Marc Delgrange

Comments are closed.

Translate »