Victoire pour les Guerrières, plaisir pour tous

Les absents ont eu tort. Certes, la soirée douce poussait plutôt aux barbecues entre amis. Certes le match avait un parfum de ceux qu’on dit « de consolation ». Pas totalement sans enjeu, mais pas de celui dont on avait rêvé. Et puis, disons le, ces six semaines sans victoire – même si les deux confrontations avec Tarbes avaient montré du mieux – avaient fait douter de l’équipe, de sa capacité à redevenir une machine à gagner, et, surtout, à nous faire revivre le plaisir qu’elle nous avait tant procuré en début de saison.

Cela – plus le contexte objectif de fin de vacances de printemps – expliquait sans doute un Palacium un peu moins plein que d’ordinaire (même si, on le répète à chaque fois, bien des clubs se contenteraient de cette affluence). Mais il restait assez de fidèles et de disponibles, sous l’impulsion, toujours, des z’hurlants, dont chacun, autour de Bébert et sa trompette magique, s’est employé avec succès à faire du bruit pour deux.

Mai 2014, l’émouvant au revoir entre Emma et Fred.

Et comme les présents ont eu raison ! Deux fois raison. Avant d’en avoir confirmation à la fin du match, les plus anciens supporters avaient déjà justifié leur venue dès le coup d’envoi donné par… rien moins qu’Emma Meesseman, vainqueure de l’Euroligue avec Ekaterinburg, MVP de la finale d’Euroligue, mais surtout, pour les cœurs Villeneuvois, une de ces Guerrières (2012/2014) à jamais au panthéon du club, et pas seulement par son niveau.

Et du coup, cette soirée ne pouvait être seulement à moitié réussie, et peut-être fallait-il qu’y brillent particulièrement Jo et Laetitia, les deux qui avaient eu la chance de jouer alors avec Emma. On le verra.

Et on l’a vu dès le début. Une interception de Laetitia, une autre de Pauline et un contre de Joey sur les trois premières attaques montpelliéraines, puis une ouverture de marque de Jo sur son spécial jump à quatre mètres. On ne sait pas encore, alors, comment ça finira, mais une chose est évidente : la combativité guerrière s’annonce comme le tempo du match. Romy Bär d’un triple, montre que pour être – si on en croit la presse – future villeneuvoise, elle ne lâche pas son équipe, et inaugure les soixante-huit secondes (au total) où les visiteuses auront l’avantage. Laetitia, Pauline, Virginie et Jo à trois points (elle sera déjà à 10 unité à la pause) répliquent. Nevena va chercher une faute au buzzer et la première période s’achève sur une musique séduisante et un court avantage villeneuvois : 20/18

Laetitia et Nevena, figures de l’esprit « Guerrières », face à Romy Bär, qui pourrait le devenir

Pourtant, quelques nuages planent sur le Palacium : outre Mame-Marie et Joyce, toujours hors d’état, il apparaît vite que Joey est à nouveau en délicatesse avec son genou (ce qui permettra de voir plus longuement une convaincante Hélène). Outre le chapitre « bobos », dans un secteur intérieur appelé à souffrir, Pauline a récolté très tôt deux fautes. On stresse donc un peu quand, dès la reprise sur contre-attaque, les visiteuses, reviennent à égalité. On aurait été rassuré, alors, d’avoir la boule de cristal qui nous aurait montré que ce serait la dernière fois. Car Laetitia, à trois points, amorce l’envol que concrétisera Nevena (sur passe de Pauline, puis en interception, puis d’un triple sur un rebond offensif d’Aminata). Une série de 14 points d’affilés mène à 37/22 sur un nouveau triple de Laetitia. 39/27 à la mi-temps. Le plaisir est bel et bien là, mais l’inquiétude, née de désillusions passées, n’a pas encore totalement disparue.

Jo, à nouveau meilleure scoreuse et capitaine exemplaire des Guerrières

Et, de fait, l’impressionnante Suzy Batkovic relance les siennes à deux reprises, provoquant un temps mort de Fred après… 45 secondes. Initiative peut-être salutaire qui, dans un premier temps, stabilise l’écart, puis le remonte à 51/35 quand Rachid Meziane, à son tour, stoppe le jeu. On s’inquiète de la troisième faute de Pauline, mais Laetitia fait une énorme défense sur Batkovic. Un peu de précipitation sur les tirs villeneuvois en fin de période fait un quart temps gagné de justesse par les visiteuses (14/15) mais un écart globalement stable : 53/42.

Et cette quatrième période illustrera particulièrement la différence des bancs (au final, 14 points contre 4 au BLMA). Marielle à la reprise, puis Aminata et Hélène (une interception et deux drives victorieux en quelques minutes, qui lui vaudra, à la demande du public, de conduire un clapping, qui commençait à manquer au Palacium) assomment les Héraultaises. Reléguées à vingt points, elles balancent des shoots, mais, malgré quelques ratés dessous, les Guerrières ne lâchent rien, à l’image de ce contre en repli défensif express de Nevena, alors même que le score était acquis. 71/49 au final. Dommage que le point average n’ait, ici pas d’utilité.

ESBVA-LM : 71 / Lattes-Montpellier : 49 (20/18 ; 19/9 ; 14/15 ; 18/7). A noter les 16 interceptions villeneuvoises et les 48 rebonds contre 41 (face, rappelons-le, à Batkovic et Fati Sacko). Jo Gomis : 18 pts, 18 d’évaluation (27′) ; Laetitia Kamba 13 pts, 5 interceptions, 23 d’éval (39′) ; Nevena Jovanovic : 12 pts, 5 assists, 19 d’évaluation (25′) ; Pauline Akonga : 10 pts (19′) ; Aminata Konate : 6 pts (18′) ; Hélène Jakovljevic : 5 pts (14′) ; Virginie Brémont : 5 pts (22′) ; Marielle Amant : 2 pts, 10 rebonds (21′) ; Joey Leedham (14′) ;  Joyce Cousseins-Smith.

Plaisir, était le mot qui revenait le plus à la bouche de Fred après la rencontre. Pas seulement plaisir de la victoire (même si…) Le plaisir, sans doute condition de l’autre, retrouvé (et, précise-t-il, retrouvé dès le début de la semaine à l’entrainement) des filles à jouer ensemble, et donc de lui-même à coacher un groupe qui a encore envie de vivre un peu ensemble.  Il reste donc maintenant – et ça ne se fera qu’au prix, là encore, d’une débauche de combativité – à aller chercher la deuxième manche mardi soir 20h à Montpellier. Car, si grand que soit le plaisir de les voir évoluer comme hier, on leur pardonnera volontiers de nous éviter une belle samedi au Palacium. Il resterait, dans ce cas, une rencontre ultérieure (probablement contre Basket-Landes, qui s’est imposé face à Nantes, 83/46), les 15 (au Palacium), 19 (à l’extérieur) et éventuellement 22 mai (au Palacium) avec comme quasi unique enjeu de saluer un groupe qui le mérite.

Victoire pour les Guerrières, plaisir pour tous was last modified: mai 7th, 2018 by Marc Delgrange

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