Yoann Huyghe, la voix « Guerrière » du Palacium

Si le Palacium est considéré comme une des salles les plus dynamiques et les plus chaleureuses de France (voire d’Europe…), il le doit, on le souligne régulièrement, aux Z’hurlants et à son public, mais aussi, depuis quatre saisons, à ce jeune homme, bondissant infatigablement aux quatre coins du terrain et dont la voix fait écho à la musique, quand ce n’est pas l’inverse. Yoann, l’explosif « speaker-animateur » du Palacium est, avec la trompette de Bébert l’autre déclencheur de l’ambiance des soirs de match. Mais, au fil du temps, il est devenu plus que ça : un vrai membre de la famille ESBVA-LM.

Et vous, connaissez-vous vraiment Yoann Huyghe ?

Yoann, avant de parler de l’ESBVA-LM, raconte-nous un peu comment tu t’es retrouvé dans le milieu de l’animation.

Dans mon cas, on peut le dire : je suis tombé dedans quand j’étais tout petit. J’avais 4 ou 5 ans. Mes parents étant séparés, je passais surtout les weekends avec mon père. Il faisait des animations de mariages, communions, baptêmes etc. Il m’emmenait et j’aimais ça. Vers 7, 8 ans, je faisais des petites chorés improvisées, je mettais les CD, de temps en temps je prenais le micro.

Et puis mes grands-parents passaient leurs vacances au camping des Aubépines, au Crotoy. J’y allais juillet/août. C’est là que j’ai animé ma première soirée dansante. Dans la journée, j’aidais les animateurs, auprès des enfants, à la pétanque, dans les quizz. Ça m’amusait, ça amusait tout le monde. J’ai fait ça plusieurs étés et j’étais copain avec les responsables du camping. Et puis, en 2005, fin juillet, le gars qui animait a démissionné du jour au lendemain. Le responsable était dans la panade. Je lui ai dit, « si tu veux, je te fais le mois d’août ». Tout a démarré là. La saison d’après, j’avais mes 16 ans donc je pouvais vraiment travailler et j’ai été embauché sur les deux mois, et encore l’année d’après.

C’était donc une trajectoire parfaitement naturelle pour toi

Naturelle, peut-être, mais, quand j’y réfléchis maintenant, je me dis qu’il y a aussi des coups de pouce du destin. A moins qu’il faille parler de coups de poker qui ont bien tourné. Une fin de soirée de vacances (j’avais 17 ans), avec deux copains, en rentrant à pieds, on passe devant un camping, à Quend-Plage. On voit de la lumière. Il y avait de la musique. On tente le coup, on rentre, on met un peu d’animation sur la piste avec des chapeaux de cow-boys. Je bois un verre avec le patron et ça se termine par une embauche pour quatre soirées à animer au mois d’août. Il y a plein de choses, comme ça, qui auraient très bien pu ne pas exister. Mais, quand elles existent, elles durent. Le camping « Les Roses » de Quend-Plage, comme le camping « Le Royon » à Fort-Mahon, sont les deux premiers qui m’ont fait confiance quand je me suis lancé. Je travaille toujours avec eux aujourd’hui. 

Parallèlement, tu poursuivais tes études ? Comment s’est fait ton choix professionnel ?

Oui, j’ai passé mon bac S. Après, me suis orienté vers des études tournées vers la technique (sono, éclairage…). J’ai fait deux ans de DUT avec le projet d’intégrer l’école d’ingénieurs Louis Lumière. Mais le DUT se termine par un stage en entreprise. J’y ai vu à la fois la charge de travail qu’avaient les techniciens et la modicité de leurs salaires. Je voyais dans le même temps les patrons des boites en grosses voitures. Je me suis dit que, tant qu’à faire d’être là-dedans, autant être mon propre patron. J’avais 20 ans, j’ai quitté mon stage (j’ai validé mon DUT plus tard, en faisant mon stage dans mon entreprise avec mon associé comme tuteur…), et, le 3 août 2010, j’ai créé ma boite. On a commencé petit, grâce aux contacts que j’avais dans les campings. Je faisais face avec des apprentis et des intermittents du spectacle quand on avait du taf. Hors saison, grâce au « bouche à oreille », j’ai animé de plus en plus de soirées. Au bout de trois ans, je bossais avec onze campings. Je gagnais aussi un peu d’argent en louant mon matériel. J’ai travaillé ponctuellement avec Cookie Dingler, Sloane, Collectif Métissé, entre autres…

Jusque-là, tu es encore assez loin du basket.

Ah ça, c’est clair. On peut même dire que je savais à peine que ça existait. J’étais footeux (je jouais à Oignies). Là encore, le hasard. C’était en 2012. La speakerine du club de basket masculin d’Orchies les a quittés soudainement. Un copain m’a mis en contact avec eux. C’était d’abord pour le match suivant, en urgence (c’était encore à Léo Lagrange, la « Pévèle Aréna » a été inaugurée en janvier 2013). Comme je ne connaissais rien au basket, j’ai essayé de parler le moins possible du sport lui-même et j’ai tout misé sur l’animation. Je me suis fait surprendre au départ parce que je n’avais pas bien percuté pour les 3 minutes, et quand l’arbitre a sifflé le coup d’envoi, je n’avais pas encore présenté l’équipe. Mais la suite du match a plu aux dirigeants et j’ai continué. J’ai essayé quand même d’apprendre petit à petit, notamment les gestes de l’arbitre. Mais, hors terrain, il y a des choses qui m’ont déçu et j’ai arrêté en fin de saison.

Ensuite, tu arrives sur la métropole.

Oui, mais pas tout de suite à Villeneuve. Je connaissais Christophe Vitoux. Il m’a donné deux contacts. J’ai d’abord vu le LMB, et on est tombé d’accord. J’ai quand même, ensuite, vu l’ESBVA-LM. Ca m’intéressait aussi, mais je leur ai dit : « j’ai donné mon accord au LMB, donc, quand il y aura des matchs simultanés, c’est eux qui seront prioritaires ». Sauf que, à Lille, je n’ai pas trouvé vraiment mon compte. Je n’ai rien à reprocher au club, mais la sono n’était pas bonne, l’ambiance dans la salle faible. Le public venait en spectateur et pas en acteur. Rien à voir avec ce que je vivais à l’ESBVA-LM. A la fin de la saison, le choix, pour la suite, a été vite fait.

Une histoire qui aurait pu ne jamais démarrer

Depuis, donc, l’aventure s’écrit à Villeneuve d’Ascq.

Oui, mais l’histoire aurait bien pu ne jamais démarrer. J’avais commencé par la soirée de présentation aux partenaires, au grand stade (qui ne s’appelait pas encore Pierre Mauroy), en septembre 2013. Disons-le tout net : je me suis vautré. C’était tout à fait différent comme style de travail. Il fallait connaitre plus de basket que je n’en connaissais, plusieurs joueuses ne parlaient qu’anglais alors que moi quasiment pas. Bref, à la fin, Valentin Cavelier est venu me voir et m’a dit : « je crois que ça ne va pas être possible ». Je lui ai proposé : « On ne signe rien pour l’instant, on fait un essai sur un match et tu décides après ». Il a accepté, et à la fin du match, il m’a dit « Ok, on marche ».

Quatre ans maintenant. Tu t’éclates au Palacium ?

Yoann au milieu des z’hurlants

Clairement. Se sont noués des liens de confiance, et même d’amitié avec les dirigeants. Je me suis senti respecté, ce qui n’est pas toujours le cas partout. Idem avec les partenaires, et d’ailleurs, via ma boite, je suis devenu l’un d’entre eux. Mais, évidemment, le plus spectaculaire c’est avec les Z’hurlants et l’équipe. Je m’entends super bien avec Bébert. On est très complémentaires pour entraîner le public. C’est formidable comme il répond. Je me sens accueilli. Et puis les joueuses aussi : je vais toujours voir les filles juste avant qu’elles n’entrent sur le terrain. Elles sont forcément tendues. On se tape dans la main, on plaisante, on échange des mots chargés d’énergie. 

Tes plus gros souvenirs de matchs ?

Peut-être parce que c’est encore très frais, mais le dernier match de la finale de l’an dernier, contre Montpellier. D’habitude, j’interviens dix à douze minutes avant le coup d’envoi. Là, j’ai senti qu’il fallait y aller plus tôt : à plus de trente minutes du coup d’envoi, la salle était déjà pleine et bouillante. On a fait un joyeux show pré-match, puis on a vécu la rencontre d’une façon incroyable. Et puis, j’ai aussi en mémoire la finale aller contre Braine en 2015, même si on avait perdu. C’était une grosse grosse ambiance. Et encore la fois où on a battu Bourges [avril 2016… l’interview a été réalisée avant la victoire de la semaine dernière]. Je revois les gens assis sur des escaliers. Mais chaque match est une super émotion. 

Autour de l’équipe, tu vas même au-delà de ton rôle. On peut parfois t’apercevoir sur les déplacements aussi. Comme simple supporter.

Oui. Je ne peux pas en faire autant que je voudrais, mais je me souviens de la demi-finale à Montpellier en 2015. On avait fait une fiesta après. Je suis allé aussi à Salamanque, à Schio, à Paris pour l’open… J’en oublie sûrement mais ça a toujours été des supers souvenirs. Là, c’est de l’émotion strictement privée. Ça montre que nos liens vont au-delà du match. Pour preuve : une fois, j’étais avec des amis au bowling, et un serveur est venu me chercher me disant que des clientes voulaient me saluer. C’était des filles de l’équipe qui m’avaient vu de loin. Ça m’a fait plaisir.

Des joueuses avec qui tu as eu un feeling plus particulier ?

Je répondrai en laissant volontairement de côté les « actuelles »… Chez les « anciennes », difficile à dire, il y en a tellement, mais je citerai Ann Wauters, qui venait souvent me voir avant les matchs pour me dire des trucs comme : « Donne tout, ce soir, on a besoin de toi ». Je pense aussi à une fille avec laquelle, pourtant, nos conversations étaient limitées parce que son français ne valait pas mieux que mon anglais, c’est Lenae Williams. Je suis incapable de dire pourquoi un courant particulier passait avec celles-là. Mais je répète, je les ai presque toutes aimées. Et ça continue pour la cinquième saison.

Merci, Yoann, on se retrouve samedi soir au Palacium pour la réception de Montpellier. Amateurs de basket spectaculaire et de soirées à ambiance, venez vous éclater !

 

Yoann Huyghe, la voix « Guerrière » du Palacium was last modified: décembre 4th, 2017 by Marc Delgrange

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